21 sept. 2012

Etoiles : Simonetta Greggio. Flammarion, 2006.

Tout sourit à Gaspard, jeune et talentueux chef étoilé, qui embarque direction New-York pour recevoir un prix  (the "World’s best chief in the artistic category"). Malheureusement refoulé à la douane de l'aéroport, il rentre chez lui et retrouve sa femme ("une blonde à particule") au lit avec son associé.
Fuyant la situation, il roule vers le Sud et, par un heureux concours de circonstance, se retrouve derrière une buvette a faire des casse-croute ensoleillés pour les promeneurs de passage. Il redécouvre alors l'essence même de son art, ses racines et ses valeurs et fait la rencontre de Stella, qui a un rapport conflictuel avec la nourriture. Petit à petit, du mieux qu'il peut, il va alors tenter de l'apprivoiser.
"Stella adorait quand Gaspard faisait fondre dans un gaspacho des glaçons aux feuilles de basilic. Et, quand elle avait de l'appétit, il lui composait des nourritures plus consistantes, jouant sur des associations de saveurs simples: des rondelles de pommes de terre tièdes sur lesquelles il avait amoureusement déposé des pétales de truffe...."
 
La trame n'est pas exceptionnelle mais malgré tout ça se savoure trés simplement.

C'est un livre qui sent bon la Provence à la saison chaude, les bons petits plats et l'amour.

16 sept. 2012

Les liaisons culinaires / Andréas Staikos, Babel, 2007.

Voilà un curieux roman entrecoupé d'intermèdes culinaires présentant des recettes (grecques, bien sûr !).

Nana a deux amants : Dimitris et Damoclès. Elle les aime autant que les bons petits plats qu'ils lui préparent. Une soirée chez l'un, un déjeuner chez l'autre, tout est d'autant plus facile qu'ils sont voisins de palier. Ce n'est qu'au fil des pages que les deux hommes découvrent qu'ils sont l'amant de la même femme. Ils rivalisent alors de talent et d'imagination  pour gagner sa préférence tout aussi bien avec des plaisirs gastronomiques qu'avec les délices de l'amour.

Un marivaudage amoureux classique dont on peut facilement imaginer une adaptation théâtrale : la femme est fatale, les amants, a la fois complices et rivaux, sont pitoyables de faiblesse, les plats sont rafinés et le ton est léger.

..... On lit les petits légumes qui se colorent et on entend la viande rissoler... Ca sent bon les épices, les aubergines, les dolmas et les Keftedes ... et tout le reste importe peu, tant la cuisine est si délicieusement écrite.

8 sept. 2012

Les invités / Pierre Assouline. Gallimard, 2009.




'MadameDu ' est une habituée de l'organisation de repas mondains dans le 7° arrondissement de Paris. Pas d'impair : plan de table, menu et décoration différents à chaque fois ; la perfection absolue.
Sauf que ce soir, un grain de sable sème le trouble dans les rouages de cette soirée où tout est minutieusement cadré. Suite à un désistement, les voilà 13 à table. La situation est désespérée et 'MadameDu' au bord de la dépression (enfin, surtout Marie-Do, l'invitée superstitieuse). En dépit des règles de bienséance, Sonia, l'employée de maison est invitée à table. Cela n'est pas banal et la pauvre Sonia (de véritable identité Oumelkheir Ben Saïd) vit alors une situation délicate où les préjugés, l'arrogance et les maladresses des invités vont bon train jusqu'à ce que Sonia retourne la situation en sa faveur et que chacun dévoile sa vraie nature.

Un huis clos trés lent  où il ne se passe finalement pas grand chose d'imprévisible. Les personnages sont trés stéréotypés et les dialogues formatés. 
Heureusement, ça se lit vite donc je n'ai pas perdu mon temps à consacrer d'interminables heures à sa lecture.

1 sept. 2012

Ferdinand et Joséphine / Petr Horacek. Phaidon, 2012

 Les histoires d'amour ne commencent pas toujours bien, mais se concrétisent souvent pas une belle pièce montée. Ferdinand et Joséphine n'y coupent pas.
Sur le trognon d'une belle poire, pas de notion de partage pour ces deux là. Et de chamaillerie en bagarre indémélable, ils se trouvent bien obligé de s'entraider et de faire un bout de chemin ensemble ; tant et si bien, qu'ils n'ont plus envie de se séparer.
Entre coups de crayons et collage, une jolie histoire particulièrement bien illustrée, qui se laisse, tout en douceur, se raconter.

Les vers de terre mangent des cacahuetes / Elisa Géhin. Thierry Magnier, 2012

Avant, les chats mangeaient les oiseaux qui mangeaient des vers de terre qui mangeaient des cacahuètes. Bref, tout était en ordre.
Jusqu'à ce qu'un chat mange un chat qui avait mangé un oiseau qui avait mangé un ver de terre qui, trés énervé, avait déjà mangeait un chat.
Vous suivez ?
Et alors là ....... on perd tout contrôle de la situation. Voilà la chaine alimentaire bien mis a mal.
Mais le plaisir de la narration de cet album est tel, que l'on se régale de ses répétitions, de sa drôlerie, de son absurdité et de ses illustrations qui éclatent de couleurs sur de grandes doubles pages.

Du meilleur effet, dés qu'on le lit à voix haute !

30 août 2012

Le crafougna / Stéphane Servant, Anne Montel. Didier Jeunesse, 2012




Connaissez vous le Crafougna ? Non ? Mais si, ....bien sûr ...
Gris, grincheux, vélu, le Crafougna  rentre sans bruit dans la maison, le plus souvent le dimanche soir. (Vous voyez, je vous l'avez bien dit que vous le connaissiez !!!) Et l'air de rien, il s'impose au sein de la famille et gagne tout le monde : "et crafougni, et crafougna..."
Et voilà ; lundi matin c'est papa qui est de mauvaise humeur, "et crafougni, et crafougna..."
Puis c'est maman qui est devenue toute grise et qui a passé sa soirée à crafougner.
Et le jeudi tout le monde est ronchonchon, le Crafougna a contaminé tous les membres de la famille. Et oui, le Crafougna est contagieux ! L'atmosphère est toute grise, comme le Crafougna.
Heureusement,  le Crafougna peut être chassé et disparaitre aussi vite qu'il est arrivé. Si, si, je vous jure, il suffit d'un petit rien, un peu de determination, de dynamisme et de courage, et allez ouste, fini le Crafougna !!!

Plein d'humour et de réalisme, un chouet' livre anti déprime

( bon, ben je vais le lire plusieurs fois car c'est temps-ci, c'est plutôt "et crafougni, et crafougna..." )





26 août 2012

Le nazi et le barbier / Edgar Hilsenrath. Points, 2012.

Tellement corrosif et absurde, c'est un livre impensable que voilà !
Et pourtant, sous des dessous d'humour (trés) noir, le sujet de fond et les questions soulevées ne sont pas anodines puisque ce livre traite de l'holocauste.

Max Schulz est né le même jour que son voisin Itzig Finkelstein. L'un aryen, l'autre juif vont devenir les meilleurs amis du monde, mais l'arrivée au pouvoir d'Hitler va changer bien des choses. Max Schulz va s'engager, par opportunité plus que par conviction, auprés des SS et c'est sans problème de conscience qu'il va abattre des juifs. Et quand le vent tourne à la fin de la guerre, c'est toujours sans culpabilité, ni morale qu'il va prendre l'identité de son ami, mort dans les camps, pour devenir plus juif que juif (sioniste fanatique), combattant pour l'Israël.
Ce personnage est monstrueusement effrayant !

Sans forcément être séduite par ce roman, une chose est sûre, le texte est tellement provocateur que je ne l'oublierai pas facilement.

18 août 2012

Café Lovely / Rattawut Lapcharoensap . Point, 2009.


Un nom d'auteur imprononcable, une jolie couverture...sept nouvelles sur la Thailande.

Sept  nouvelles qui parlent de relations entre individus (Thaï/farangs, mère/fils, amis, ...) qui m'ont malheureusement peu emballées. Pourtant chacune d'entre elles présente des personnages attachants, mais la brieveté du genre me laisse sur ma faim....

Les visages / Jesse Kellerman. Point, 2011.

Ethan Muller, galeriste new yorkais, ne se doute pas qu'en exposant des tableaux découverts dans un appartement abandonné et représentant d'innocents portraits d'enfants,  il mettrait le doigt dans un histoire obsédante où lui même serait impliqué. 
L'exposition est un succés mais le mystérieux artiste a disparu. McGrath, policier à la retraite croit alors reconnaître les visages d'enfants victimes de meurtre irrésolus 40 ans auparavant, et ressort ses dossiers.

La construction de ce roman est assez géniale  :  on jongle avec les époques, on assemble peu à peu les pièces d'un puzzle, on se sent parfois manipulé et ce n'est réellement qu'au dernier chapitre que tout le noeud est élucidé.

Un bon roman captivant dont l'intrigue est impeccablement bien construite et où rien n'est laissé au hasard.

Bons baisers de Cora Sledge / Leslie Larson, 10/18, 2011.

Cora, 80 ans sonnés,  pesant plus d'un quintal, droguée aux anxiolityques, fumeuse invetérée est placée par ses enfants dans une maison médicalisée pour finir ses jours.
Elle profite alors d'un cahier offert par sa petite fille pour raconter son quotidien mais aussi pour écrire ses mémoires, assez douloureuses d'ailleurs.

Le personnage de vieille dame indigne, ironique, ne machant pas ses mots... prète souvent à sourire, mais malheureusement à trop vouloir forcer le trait, l'auteur s'égare sur le chemin de la crédibilité.
Certes, le moment de lecture n'est pas désagréable mais malheureusement trés prévisible....