22 nov. 2017

Le Roi Moi de Jean-François Chabas et Thomas Baas. Albin Michel, 2017

Un véritable petit dictateur ce Roi Moi : richissime, exigeant, présomptueux, égoïste, insatisfait.. et donc indubitablement seul, triste et morose.
Avec un tel caractère pas la peine d'envisager trouver une jolie jeune femme pour partager sa vie ! Même la princesse Na, la plus gentille et compréhensive princesse qui soit, claque la porte du palais !
De quoi amplifier la colère et la tristesse du Roi.
Mais un jour, par hasard, le Roi découvre le plaisir du don, et la joie que cela peut procurer. La vie de son royaume s'en trouve alors complètement modifiée.

Ce conte aux allures classiques joue la carte de la modernité. Il parait tellement actuel et les bonnes intentions sont tellement précieuses qu'il n'en est que réjouissant ! 
C'est une jolie leçon de vie passée à la moulinette sous la plume exigeante de Jean-François Chabas et les illustrations très expressives de Thomas Baas.
Une véritable fiction sociale.

Alice, et moi...et moi... et moi ...





20 nov. 2017

T'arracher de Claudine Desmarteau. Thierry Magnier, 2017

C'est dans un gouffre que Lou s'enfonce ...
Irrémédiablement, irréparablement.... elle est emprisonnée dans une douleur lancinante depuis la rupture inattendue avec son ex. 
Elle a le coeur brisé, la tête à l'envers, le chagrin permanent ... et rien n'a plus d'importance que de comprendre pourquoi il l'a laissé tombé alors qu'elle brûle toujours d'amour pour lui. 
Elle s'étouffe, Lou  ! Elle le voit partout, elle pense à lui tout le temps, elle le suit sur les réseaux sociaux, elle jongle avec les excés... et le reste n'est que futilité. Ses notes sont en chute libre, sa santé se fragilise, la relation avec ses parents est tendue ... son esprit reste obsédé et dévasté par cette séparation.

C'est un long monologue que nous offre Claudine Desmarteau. Elle creuse, elle dérange, elle sait mettre les mots sur cette blessure intense, sur ce premier chagrin d'amour, sur cette torture personnelle qui frôle avec le vide.
Ses mots claquent et l'on ressort de cette lecture complètement lessivé, complètement essoré.

Car on le sait, même si l'espoir renaît,  le premier chagrin d'amour restera au fond de nous toujours ancré.


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pepita


9 oct. 2017

Double faute d'Isabelle Pandazopoulos. Gallimard, 2016

Sous la houlette de leur père, Ulysse et Ludovic ne vivent que pour la compétition. Dés l'aube et jusque tard dans la soirée, ils courent, frappent des balles et se font discrets face aux exigences et aux sautes d'humeur paternelles. Le court de tennis est leur terrain de jeu et les médailles se ramassent à foison.
Mais à l'adolescence, Ulysse se blesse, décide de ranger les raquettes et de renoncer à la compétition. Seul alors son frère porte les rêves de son père,  jusqu'au jour où il s'écroule en plein match.

Certes nous avons ici une histoire de sportifs poussés à la prouesse par un père intransigeant,  mais c'est surtout l'histoire d'une famille qui vole en éclat, d'une fratrie rivale, d'une colère enfouie,  d'un besoin de reconnaissance et  d'un silence pesant.
Entre ces pages, nous vivons une tragédie contemporaine percutante et bouleversante faite de contradictions et de liberté.
Isabelle Padanzopoulos sait trouver les mots justes et creuse jusqu'à la fine psychologie des personnages pour nous tordre les boyaux et nous insurger.
Ce roman est un véritable cri de l'intérieur, assez perçant pour ne pas nous laisser indifférent.

5 oct. 2017

Champion de Christophe Léon. La joie de lire, 2017.

Ils sont 6 ados, unis autour d'un seul et même événement : la disparition de l'un d'entre eux,  Brandon.
Lauryane l'a vu, par sa fenêtre, passer dans la rue alors qu'au loin fonçait un bolide conduit par Luc. A ses côtés, Louella, sa passagère, se souvient que le véhicule a percuté quelque chose.
David, autiste est rapidement accusé, car on a retrouvé le téléphone de Brandon dans sa chambre.
Quant à la discrète Abigail, elle cache à son entourage sa relation amoureuse avec la victime.

Nous suivons chacun indépendamment les uns des autres, mais rapidement tout se construit, tout s'imbrique. 
Chacun a son cas de conscience ; chacun a fait un mauvais choix : Lauryane n'a t-elle pas détourné le regard ? Louella va -t-elle continuer de se taire sous la pression de Luc ? David est-il vraiment coupable ? Brandon est-il réellement le sportif dont l'image lui colle à la peau ? 
Aucun ne semble innocent et tous pourrait être soupçonnés.

Ca se passe souvent comme ça avec Christophe Léon : il a l'art et la manière de jouer subtilement avec des parcours de vie pour aborder des questions sociètales qui ne nous laissent pas indifférent. La fin ouverte peu laisser confus ou amener à réfléchir, mais en tout cas, rien ne la laissait transparaître.

Un roman, sur fond d'enquête, qui se lit vite et bien.






4 oct. 2017

Minute papillon de Gaétan Dorémus. Rouergue, 2017

Que manger quand on est une chenille non végétarienne ? 
Rien à faire des légumes et des fruits du jardin !  Ce que notre chenille préfère ce sont les protéines de poissons, d'oiseau, de petits lutins et même de dinosaures ! 
Difficile d'en trouver dans le potager me direz-vous ! Alors, faute de mieux, tout en râlant, elle picore du bout des lèvres les aubergines, poires, tomates, potimarrons...qui la colorent au fur et mesure tel un bel arc-en-ciel. Mais la chenille, vous le savez, ne reste pas longtemps chenille ...

Cet album est foisonnant ! Il offre de multiples niveaux de lecture que chacun aura plaisir à s'approprier.
Sur la page de gauche, telle une belle planche encyclopédique, chaque légume est dessiné sous toute ses coutures. Il s'anime même et devient monstre, nuage, oiseau, visage, baleine...
Sur la page de droite, un dialogue s'installe entre le narrateur et la chenille comme pour nous inviter à regarder de plus prés la page de gauche. 
Tout s'organise parfaitement entre texte et image, à vous de choisir, si vous voulez vous documenter, vous amuser, vous laisser emporter par une histoire racontée ...

Joli travail de Gaétan Dorémus pour nous amener sur les chemins de la botanique et revisiter la métamorphose de la chenille en beau papillon !

Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Pepita


27 sept. 2017

L'ascension de Saussure de Pierre Zenzius. Rouergue, 2017.

La montagne, ses paysages grandioses, ses sommets inaccessibles, ses expéditions, son immensité, ... et un rêve comme un mythe : l'ascension du Mont Blanc. 
Au XVIII siècle, l'infatigable naturaliste Horace Bénédict Saussure s'est lancé  dans la conquête de ce sommet et c'est là que notre histoire commence...
Une véritable aventure menée par une cordée pas toujours efficace, pas toujours perspicace mais de bonne volonté. Minuscules face à l'énorme étendue de la montagne, nos hommes avancent, carte en mains, échelles, sac à dos et autres objets inutiles sous le bras, et s'agitent de page en page pour atteindre le sommet.
Les paysages changeants défilent, les forêts laissent place aux sentiers, aux glaciers, aux sommets cachés dans la brume épaisse, ... et jusqu'au bout le narrateur se fait discret, observateur extérieur, jusqu'à ce que nous soit dévoilée sa véritable identité. 

J'ai adoré les personnages savamment croqués, perdus face à cette immensité inconnue ; ses paysages profonds où l'on a presque envie de se perdre et ses pages sans texte pour savourer le silence. 

Un beau premier album !








24 sept. 2017

La trouille de Julia Billet. Le calicot, 2017

Après 10 moins d'enfermement en prison, c'est l'heure de la sortie. Pas un moment attendu, pas un moment de joie, mais un moment d'appréhension et de peur. 
10 mois, c'est long ... La cellule était devenue son repère, et son quotidien était réglé comme du papier à musique. Que va-t-il se passer dehors ? Comment va t-il retrouver sa mère, son copain Fred et la belle Elina ? 
Dehors, il y a trop d'espace, trop de chemins possibles, tout un monde qui a continué de tourner sans lui.

Avant de passer la porte vers ce nouvel inconnu, il va partir en montagne avec d'autres détenus, un guide, un maton et un agent de probation. C'est là qu'il va se préparer à  réapprendre le silence, la beauté, l'immensité ... pour que tout soit possible par la suite.

Il est délicat ce moment où l'on passe la porte d'une prison pour en sortir, ce moment où la liberté est inquiétante et où l'on n'imaginait pas la joie céder la place à la trouille.

S'il fallait une démonstration de la nécessité d'accompagner la réinsertion, ce texte court mais d'une grande humanité en serait l'exemple le plus efficace.

20 sept. 2017

En route ! de Maria Jalibert. Didier jeunesse, 2017


Le travail de Maria Jalibert est fait de bric et de broc, de bricolages, de bidouillages, d'assemblage, de triturage ... Elle collectionne tout, rien, les petits objets, les trucs qui traînent et, sous ses doigts créatifs, naissent de leur mise en scène des histoires, des dialogues, des constructions qui nous émerveillent et nous transportent dans son monde fantaisiste bien à elle.

En route ! Partons en expédition ! En bateau, en bus, en avion, dans un tunnel, au milieu d'objets colorés et rétros,  nous voilà embarqués dans un jeu de cherche-trouve où il faut faire preuve d'un oeil aiguisé. Chaque page offre son camaieu de couleur, ses accumulations graphiques et sa strophe poétique : qu'est ce que c'est inspirant et ludique !

N'ayons pas peur de nous perdre dans ce cache-cache interminable, on s'y retrouve artistiquement, ... forcément !

Alice, qui aime observer, décortiquer, .. être étonnée !

18 sept. 2017

Trouver les mots de Gilles Abier. Le muscadier, 2017.

Gabriel se sent coupable. Coupable de quoi ? De ne pas avoir su trouver les mots justes, de ne pas avoir su rassurer, d'avoir fait preuve d'impuissance, d'avoir abandonné un proche...

Il est entre les mains de la police à devoir se justifier de ce coup de fil, passé la veille à son cousin Julien, et qui a exactement duré douze minutes et vingt-trois secondes.
Après, cela.., le drame ! On comprend entre les lignes qu'il s'est passé quelque chose de grave mais on a beau imaginer diverses hypothèses, ce n'est qu'au terme d'un récit introspectif que  la révélation nous troublera.

Le sujet est terrible et interpelle. Mis sous la plume abrupte de Gilles Abier, il résonne fortement en nous comme pour nous rappeler les malaises et les remords de l'adolescence.  Il y a dans ce texte, de la douleur, des silences et de la confusion, assez pour nous offrir un témoignage percutant.

14 sept. 2017

A quoi tu ressembles ?de Magali Wiener. Le Rouergue, 2017

Ils sont douze. Douze ados d'une même classe.
Chaque mois, l'un d'entre eux partage avec nous un souvenir, une anecdote, une préoccupation.... 12 chapitres bien distincts comme une petite nouvelle a part entière. Sauf qu'à eux tous, ils forment une bande et leurs histoires se croisent ou parfois se font écho. Un chassé-croisé permanent qui aborde les mésaventures du quotidien.

Le point commun de leurs histoires ? Sûrement le lycée mais surtout la place des parents. Ils ne sont jamais bien loin et ponctuent de nombreuses chutes.
A l'âge où l'on gère un passage délicat vers le monde adulte, ils sont là, dans l'ombre, à espérer l'avenir de leurs enfants. Faillibles dans leurs secrets, pesants dans leurs fonctions, gênants dans leur intimité, faibles dans leur blessures... mais toujours présents.

Magali Wiener s'attache à nous offrir des tranches de vie réalistes, à faire voler des cases trop étroites et à accompagner ces jeunes dans leur héritage familial.

Ainsi, l'année scolaire s'écoule, et si les anecdotes sont souvent savoureuses, un brin de cruauté les parsème et nous offre souvent des chutes surprenantes.

Alice, qui s'est parfois laisser attraper ...

Retrouvez l'avis de ma copinaute Pepita 
qui a même interviewé l'auteur




13 sept. 2017

Des mots pour la nuit d'Annie Agopian et Albertine. La joie de lire, 2017

Vous la voyez la vague bleue ? Celle sur laquelle il suffit de s'installer bien confortablement pour se laisser emporter vers les mots-songes de la nuit.
Oui, car la nuit, tout n'est que délice, voyage et échappée belle. L'inconnu ne fait plus peur et le noir habituel se transforme en couleurs flamboyantes et en liberté rassurante.
Grâce à un texte qui se lit comme une ritournelle, Annie Agopian nous offre une approche subtile pour éloigner les frayeurs de la nuit. Un parti pris inattendu qui cherche à réconcilier les petits bouts, effrayés par ce moment parfois redouté.
Elle joue sur les mots, leur sonorité, leur force et leur signification pour nous offrir une poésie largement mise en valeur pars les dessins éclatants et légers d'Albertine

C'est à la fois énigmatique et rayonnant, et après cette lecture, les rêves seront plus doux ... assurément !

Alice, bercée...
Retrouvez mes autres chroniques 


10 sept. 2017

Jusqu'ici tout va bien de Gary D. Schmidt. EDL, 2017

La famille de Doug, c'est toute une histoire ! 
Entre un père gueulard et une mère aimante mais soumise, il doit aussi supporter la bêtise d'un de ses frères aînés alors que l'autre se bat au Vietnam.
Peu d'argent, beaucoup de cris et de violence, de rares amis, du racket, une idole, des petits boulots,  .. un monde pas vraiment rose.

Mais la vie peut parfois réserver des surprises, de belles rencontres et des découvertes inattendues. Chaque samedi, Doug grimpe les marches de la bibliothèque pour s'émerveiller devant des lithographies ornithologiques. L'étude précise et artistique de ses oiseaux  sera pour lui comme un chemin vers sa propre liberté.

Parce que tout le monde a droit à ses propres chances...
Parce que l'art peut être une thérapie...
Parce que la volonté mérite d'être récompensée... 
 ...Un roman bienveillant et rassurant. 

Comme aurait l'habitude de nous interpeller Doug : "Vous savez l'effet que ca fait ?". 
Oui Doug, ca fait du bien de te sentir bien ...

Patience, .... sortie prévue en librairie le 04 octobre 2017

6 sept. 2017

Graines de sable de Sibylle Delacroix. Bayard, 2017.

Qu'elle est morose cette journée de retour de vacances ! Ulysse et sa soeur descendent de la voiture la tête basse,  un peu chagrinés et le pied traînant. Il est l'heure de ranger le seau, les tongs, la pelle et le râteau.... quel cafard !

Mais dans un coin de la chaussure, quelques grains de sable se sont glissés, juste assez pour faire revenir l'étincelle dans les yeux des enfants. Il suffit alors de semer ces "graines de sable' par poignée pour raviver les souvenirs du bel été qui vient de passer. Les parasols, les chateaux de sable, les glaces au citron, les moulins à vent ...  éclatent de nouveau sous un soleil rayonnant. 

C'est beau comme la magie d'un simple moment de bonheur et de nostalgie .. 
C'est beau comme un trésor éphémère..
C'est beau comme les yeux d'enfant qui brillent...
C'est beau comme la saveur d'un souvenir éternel...

Tout juste éclairé de jaune, le crayon a papier  de Sibylle Delacroix glisse de page en page et petit à petit la mélancolie cède la place à toute la poésie et la luminosité d'une petite madeleine Proustienne...

Alice vous souhaite une belle rentrée, ...

4 sept. 2017

14-14 de Silène et Paul Béorn. Castelmore, 2014

Imaginez-vous recevoir du courrier d'un cousin oublié et qui semble de plus en plus étrange au fil de ses lettres ?
Imaginez-vous découvrir que vous êtes en train de communiquer avec un quasi-homonyme qui a vécu 100 ans  auparavant ? 
Imaginez -vous pouvoir changer le cours des choses pour lui éviter les atrocités de la Première guerre mondiale ?

L'idée des auteurs est très intéressante, elle permet de mettre en parallèle la vie quotidienne des deux ados, chacun dans leur époque. Deux vies  qui se croisent, mais même à 100 ans d'intervalle des préoccupations communes et des rêves à affronter.

On se laisse rapidement prendre au jeu de l'originalité de ce scénario et de cette correspondance étonnante. Une manière pertinente de présenter et d'intéresser le public cible à la Première Guerre Mondiale. 

Un peu d'étrangeté : il fallait oser mais  c'est plutôt bien fait !


30 août 2017

Monsieur Martin de Caroline Attia. Maison Eliza, 2017

Monsieur Martin, c'est quelqu'un de bien. 
Il fait son petit train-train quotidien entre la maison et le bureau et tout pourrait aller bien. 
Oui, car Monsieur Martin a quand même un soucis : il est tout petit ! Personne ne le remarque et ne s'inquiète de lui !
Pourtant un beau matin voilà qu'il commence à grandir. Pas uniformément au départ, mais très vite tout devient trop petit pour lui ! Lui qui rêvait d'avoir une taille adéquate, le voilà bien malheureux de voir que la terre entière ne suffit plus à sa grandeur !

Et si malgré tout, le bonheur n'était pas loin de là ...

Elle est jolie l'histoire de Monsieur Martin, elle parle de différence et d'acceptation de soi. Tellement jolie que dans cette rêverie, on tombe aussi sous le charme des illustrations un petit peu rétros, mais dignes des arts déco !

Alice, aime ce brin de fantaisie ...

28 août 2017

Entre chiens et loups de Malorie Blackman. Milan,

Callum et Sephy, c'est Roméo et Juliette. 
Une couleur de peau différente, des parents  de classes sociales opposées, des droits et des devoirs discordants ... et pourtant une amitié sans pareille depuis leur enfance ; amitié qui se transforme en un amour fou à l'âge de l'adolescence. 

Dans cette société où les noirs supplantent les blancs, où les idées politiques sont extrêmes, où le racisme s'entend au quotidien, où le terrorisme et la corruption sont de mise,  Malorie Blackman nous donne une leçon de tolérance époustouflante. 

Si elle nous bouleverse d'avoir osé retourner les tendances, elle ne néglige pas non plus la brutalité, les tensions, la dureté et l'intensité de la violence (des situations et des mots ).
Elle est impitoyable dans ses descriptions et dans les questionnements de deux ados. 

Mince ! Cette sauvagerie et cette haine sonnent tout de même étrangement familier. 
Ouvrons les yeux ! 
Ce roman est un véritable regard porté sur la société. 
Et cela fait froid dans le dos, tellement rien ne semble pouvoir y mettre un terme ...

Alice, qui ne s'est jamais sentie épargnée ...



22 août 2017

Je suis ton soleil de Marie Pavlenko. Flammarion, 2017

C'est dingue, ce roman est un aimant ! Et pourtant l'histoire est assez simple en soi. 
Déborah entre en Terminale et  c'est pas l'ambiance à la maison où le couple formé par ses parents est en train d'imploser. 
C'est pas terrible non plus au lycée ; sa meilleure amie s'éloigne d'elle et le beau Victor a déjà une petite amie.
Voilà, rien de transcendent ... et pourtant ! 

Et pourtant on adore Déborah, son "théorème de la scoumoune", ses aventures pittoresques, ses bottes en caoutchouc, sa façon de sortir la tête hors de l'eau, ses soirées d'adolescentes, ses casseroles de coquillettes (oui, oui, c'est pas pour rien qu'il y en a sur la couverture !), ses coups de blues, son chien Isidore qui sent pas bon, sa clairvoyance ...

Et hop, en un tour de main, grâce à un ton désopilant le roman devient un véritable coup de coeur. Oui, car le ton est juste et avec une pointe de nostalgie, on trouve que tout cela ressemble de près ou de loin à sa propre année de terminale. Cette année de tous les possibles, de toutes les envies,  de certaines désillusions, ... Cette année compliquée ... Cette année de transition avant un grand pas vers un autre avenir.

L'histoire est vive, vivante, ébouriffante, ...  et le ton est désopilant plein de verve et d'ironie. Alors, même si la fin est un peu attendue, on a un réel plaisir d'avoir succombé au charme de cette lecture d'été qui rayonne sous la plume de Marie Pavlenko.

PS : Et une mention spéciale pour l'intitulé des chapitres et les refrains qui restent en tête...


Alice,  qui a gardé le soleil en point de mire ...


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita






21 août 2017

Le théâtre du poulailler d'Helen Peters. Gallimard, 2013.

Hannah rêve de théâtre et de grands rôles comme pour suivre les traces de sa mère, trop tôt disparue.
Mais, aînée de la fratrie que le père essaye de faire survivre grâce à sa maigre exploitation agricole, son quotidien et son avenir semblent cadenassés à la logistique quotidienne de la ferme. 

Tout cela serait trop simple sans compter sur la débrouillardise et l'entêtement de la jeune fille !
Avec sa meilleure amie, Lottie, elles décident alors de s'inscrire à un concours de théâtre en ayant en tête que le gain pourrait aider son père à payer le loyer de la ferme.... Et c'est dans les ruines du poulailler que l'oeuvre théâtrale prend forme.

L'idée est ambitieuse et complexe : il faudra cacher ce projet au père, négocier  le silence des frères et soeurs, se heurter à des petits drames et des événements inattendus ; mais envers et contre tout, les deux amies vont garder leur détermination et leur courage pour arriver à leurs fins.

Voilà vraiment un joli récit, authentique et assez intemporel. Je crois bien que j'aurais aimé le lire pendant mes années collège...
La volonté des filles  fait voler les pages du livre, comme pour nous rappeler que la passion, le dynamisme, la générosité et la motivation de la jeunesse ne peuvent être que d'une grande richesse pour des adultes fragilisés.

Un roman savoureux et attachant.

Alice, réjouie de cette découverte ...

14 août 2017

Flow de Mikaël Thévenot. Didier jeunesse, 2016

Alors qu'il souffre de migraines inexpliquées, Josh, 16 ans découvre qu'il a le don d'entrer en complète immersion dans le flow d'autrui ;  autrement dit de lire dans les pensées des personnes qui l'entourent.
A la fois étrange et révélatrice, la découverte de cette aptitude survient alors qu'un pirate informatique lui laisse d'énigmatiques messages sur son ordinateur.
Pendant ce temps là, aux Etats-Unis, le FBI mène son enquête sur l'étrange accident du professeur Cooper et la disparition de sa collègue Jenny, qui se trouve être la mère de Josh.

Le lecteur consciencieux attend bien sûr que les deux intrigues se rejoignent et j'avoue que les événements sont plutôt prévisibles. Mais malgré tout, l'histoire reste convaincante et l'on s'y plonge assez facilement.
Une lecture sans surprise mais avec des personnages attachants pour qui l'on a rapidement beaucoup de sympathie.
Mikaël Thévenot manie avec aisance les tensions psychologiques, les incursions dans le paranormal, la quête initiatique et l'enquête policière.

On espère une suite encore plus poussée (plongée dans la télépathie, les neurosciences ?), alors que Josh vient de traverser l'Atlantique ...


11 août 2017

Les pluies de Vincent Villeminot. Fleurus, 2016

Depuis des mois, le ciel est chargé et il pleut sans discontinuer sur la planète.
La catastrophe est inévitable sous cet enfer diluvien : les fleuves débordent, la vague grossit et emporte tout sur son passage. Des villages entiers sont rayés de la carte et les habitants qui le peuvent encore, fuient cette apocalypse annoncée.
Parmi eux, quatre adolescents et un bébé organisent leur survie à force d'entraide et de courage.
L'aventure commence et sera inévitablement semée d'embûches ; les rebondissements sont nombreux et le danger permanent.
Avec eux nous luttons contre les intempéries, la gravité et l'urgence de la situation.

En cinq parties bien distinctes l'auteur nous plonge au cœur de la débâcle en alternant rythme haletant et passages plus introspectifs. La situation comme les personnages nous paraissent alors presque crédibles. (Je mets un petit bémol sur le passage avec les requins, un peu trop incroyable pour moi).

On retrouve tous les éléments d'un bon roman d'aventure (quête, séparation, danger, amour, ..) dans une ambiance de science-fiction.
Et cela devient tellement prenant que l'on a qu'une hâte...la parution du tome 2 à l'automne prochain ! (Et pourtant, je ne suis pas fan de séries !)

Alice, patiente ...

9 août 2017

Ciels rouges : sur la route de la soie d'Isabelle Simler. Editions Courtes et longues, 2017.

Avoir entre les mains Ciel rouges: sur la route de la soie, c'est tenir un objet précieux qui s'apparente à la fois à un carnet de voyage, à un calepin d'artiste, à un livret d'entomologiste et à un documentaire réaliste.
Et c'est peu dire le trésor intime qu'Isabelle Simler nous offre là !

De retour d'un voyage en Chine, l'auteur pose sur le papier son talent artistique pour nous transporter avec elle sur les traces d'une princesse papillon, observant minutieusement leur métamorphose.
Le long de la route de la soie qui serpente au nord-est du pays, à travers les vergers et les champs de coton, au milieu de villes fantômes, derrière des dunes de sable, non loin de yourtes kazakhes... on suit leur cheminement, le temps d'un soleil couchant. 

Les paysages défilent et s'ouvrent alors devant nous toute l'histoire et la culture de ce pays. 
Véritable féerie biologique, les insectes, les plantes, les pierres, les arbres, les animaux, ... se mêlent à la vie quotidienne de peuples nomades et de ruines anciennes. 

Le trait vif et sec offre des courbes et des sensations avec maîtrise et précision.
Le couleurs éclatantes et flamboyantes aveuglent et colorent notre regard.

Avec un grand respect et une douceur non dissimulée, Isabelle Simler traduit splendidement la beauté d'un monde qui donne envie de s'attarder.

Alice, époustouflée...

Retrouvez l'avis de 


Un livre découvert dans une enveloppe joliment décorée, 
à l'occasion de notre swap d'été  !

7 août 2017

Nageur comme Fossile de Natacha Andriamirado et Delphine Renon. Hélium, 2017

Fossile le crocodile est un crocodile a petites lunettes bleues et à short de bain à fleurs. 
Avec tout son tas d'amis, le voilà prêt pour une virée à la plage !

Epuisettes sur l'épaule, masques et tubas dans le panier, parasol pour s'abriter... tout le monde est bien équipé pour cette journée qui s'annonce chaude et ensoleillée.
Une fois installés, c'est surf et jonglage pour les uns et farniente et bronzage pour les autres.
Oui, mais voilà, sans que l'on s'en rende compte, la marée monte ... et alors que tout le monde est dans l'eau, Fossile, stoïque, est de moins en moins à l'aise...
Pas de crainte, pas de panique, on garde le sourire !

Des phrases courtes dans ce joli petit bazar bien organisé où il y a tout un tas de personnages à observer et des indices à retrouver.
Plutôt malin cet album cherche-et-trouve qui invite tout le monde à se jeter à l'eau !

C'est la première fois que je faisais connaissance avec Fossile qui, parait-il, a déjà vécu d'autres aventures.
J'ai hâte de lire ça !


Alice, sur la plage en plein été ...

4 août 2017

Le souffle de l'été d'Anne Cortey et Anaïs Massini. Grasset, 2017

Parce que l'été, le temps semble s'être arrêté.
Parce que l'été est l'occasion de vacances ensoleillées.
Parce que l'été naissent des souvenirs inoubliables.
Parce que l'été se savourent des simples moments de partage.
Parce que l'été, on a envie de belles amitiés. 
Parce que l'été est une parenthèse enchantée...

Kimi et Shiro nous proposent de partager avec eux 4 moments suspendus où juste prédomine le bonheur d'être ensemble et de rêver. On y croise des châteaux de sable, des cerfs-volants, des étoiles filantes, des sardines bleues à reflet dorées, des voiliers blancs sur la ligne d'horizon... et toute la richesse de leur imagination.

"Le souffle d'un été", le monde est beau, les promesses précieuses et le partage inestimable.
On se sent juste libre et heureux...

Alice, apprend à savourer...

Retrouvez l'avis de
 ma copinaute Pepita

Rappelez vous : 
Un livre trouvé dans une enveloppe surprise à l'occasion de notre swap d'été


2 août 2017

La poule : un imagier à picorer de Laurent Simon. Milan, 2015

Voilà un bon gros imagier qui ne se prend pas au sérieux.
Il y est question de poules, mais ça, vous l'aurez compris...

Autour d'un champ lexical choisis et d'expressions connues de tous, l'auteur s'amuse à nous présenter une jolie poulette blanche dans des situations plutôt décalées. C'est assez moqueur, mais tout a fait juste ceci dit ...

Par un jeu d'interprétation, l'imagier se trouve alors amélioré, voire très documenté. 
C'est risible à souhait !

Pages cartonnées, bords arrondis, illustrations simples et univers trés coloré pour des informations très sérieuses sur ce gallinacé : de quoi avoir un succès assuré !

Alice, qui voit là un peu de Maggi ...
;-)

31 juil. 2017

Patate d'Antonin Louchard. Seuil, 2017

C'est un drôle de nom" Patate" pour un chien ! Ca ressemble quand même à une petite insulte familière ne donnant pas grand cas du niveau d'intelligence de la personne interpellée. Enfin, je dis ça...

Bref, notre chien Patate a pour mission de rapporter, comme tout bon chien, ce que son maître lui envoie. Mais avec un nom pareil, pensez bien, notre toutou ne réagit pas d'un poil !
Alors son maître s'agace un peu et multiplie les envois en haussant le ton. Ce chien est nigaud ou bien il ne comprend pas le français ?
Rien à faire, Patate n'est pas coopératif... mais faudrait quand même pas le prendre pour une patate !

Je suis toujours très adepte des formats courts et désopilants d'Antonin Louchard.  Il s'amuse à nous proposer des situations qui dépassent le bon sens ;  rien de tel pour provoquer une bonne tranche de rigolade. 

Trop sérieux s'abstenir !


25 juil. 2017

Voyages de Barroux. A pas de loup, 2016

Ouvrir ce livre, c'est comme prendre une bouffée d'ailleurs à chaque page que l'on tourne.
D'autant que cet album ne s'ouvre pas, non , ...il se déplie...

Notre parfait touriste, à chemise à fleurs, à valises trop grosses, à bob vissé sur la tête, à l'appareil photo jamais bien loin ... est fin prêt pour son voyage.
Un bout de chemin en taxi et le voilà à l'aéroport. 
Pour quelle destination ? Nous n'en savons rien, il doit encore prendre le bateau, attraper le train et, c'est assis sur un scooter que nous le croisons sur les routes italiennes ... a moins qu'il ne traverse le désert à dos de chameau, qu'il ne grimpe dans une montgolfière pour poser les pieds sur la lune avant de se retrouver perdu dans la jungle ...

La forme en accordéon (leporello, quand on veut faire bien) accompagne parfaitement le long périple de notre globe-trotteur qui nous assure un bien beau tour du monde.
Pas besoin de texte, la mise en situation du personnage à chaque illustration est tellement claire que nous avons vite fait d'identifier le continent sur lequel nous nous trouvons, et par monts et par vaux, nous nous sentons prêts à l'accompagner.

Le voyage n'est-il pas la plus belle façon de s'ouvrir à des cultures différentes et à des expériences inédites ?
A coup sûr, bien sûr que oui !

Alice déjà la tête en vacances...




23 juil. 2017

Metal mélodie de Maryvonne Rippert. Milan , 2015

[C'est l'histoire de Luce et de sa mère. 
 ..ou bien l'histoire de Luce SANS sa mère. ]

Luce, ado un peu stéréotypée, en conflit ouvert avec le monde adulte, va devoir apprendre à vivre sans sa mère pour mieux la comprendre et mieux se comprendre. 
Brillante journaliste, sa mère est partie en lui laissant juste une lettre signalant son retour dans 4 mois. En même temps qu'elle cherche à élucider cette disparition, qu'elle fait connaissance avec son passé tumultueux et secret, Luce explore ses propres blessures, se heurte à la confusion des sentiments, chemine pour mieux s'apprivoiser elle-même.

Et puis elle file pour un rendez vous à ne pas manquer en Andalousie. Ce voyage inévitable, bercé de musique, de culture et d'amour sera alors sa porte d'entrée vers sa vie d'adulte. 



C'est l'histoire d'un éveil et d'une métamorphose...
...C'est l'histoire d'amour,  entre une mère et sa fille ...

Alice, éprise...

20 juil. 2017

Le bonheur est un déchet toxique de Manu Causse. Thierry Magnier, 2017

Nathanaël a accompagné son père jusqu'à ses derniers jours sur son lit d'hôpital. A son décès, il croyait rejoindre sa tante et ses cousins dans la banlieue lyonnaise, mais sa mère, dont il ne connaissait pas l'existence, refait surface et demande sa garde. 
L'ado débarque alors en pleine campagne, un milieu hostile où il découvre tous les engagements bios et  écologiques de sa mère vegan et sa lutte contre l'installation d'une décharge. Quel grand écart avec ses origines !
Après le rejet, le mutisme et l'opposition, Nathanaël va finir par apprécier ce nouvel environnement et surtout la jolie Zoé ...
Bien sur l'engagement écologique  est au coeur de ce livre, mais pas que ! Il est aussi question d'un deuil à réaliser, d'une relation à construire, d'une chronique d'un monde rural et de l'évolution d'un ado déraciné.
Au coeur de ce débat de société, j'ai adoré la complicité entre Nathanaël et son père. Même absent, il est toujours là dans un coin de sa tête pour lui prodiguer de bons conseils et l'aider à avancer.

Un roman militant où, avec une pointe d'amusement, Manu Cause s'engage brillamment. 

Alice, sensibilisée...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pepita

18 juil. 2017

Rose à petit pois d'Amélie Callot et Geneviève Godbout. La Pastèque, 2016

Moi je l'aime bien Adèle. Vous savez, celle qui tient ce petit café où on aime venir se réchauffer. 


Avec trois fois rien elle a su créer ce lieu de convivialité où tout le monde aime se retrouver, où gentiment l'épicier vient vendre ses produits frais, où elle confectionne de jolis bouquets et où le temps passe sans qu'on le voit défiler. 

Adèle, c'est cette jolie jeune femme, au tablier à pois à l'élégante simplicité, que rien n'arrête et qui sourit à la vie
Mais les jours de pluie, Adèle devient morose et se réfugie au fond de son lit. Comment remettre un peu de rose dans ce jour tout gris ? Des bottes de pluie, un parapluie.. de mystérieux indices ...il n'est pas bien loin l'amoureux transit.

Comme les relations humaines sont  belles et simples ! 
Comme l'authenticité sait nous charmer !
Comme il est si doux de faire plaisir et de se faire plaisir ! 

Voilà vraiment  un album généreux et délicieux ; lumineux comme un rayon de soleil, juste après quelques gouttes de pluie !

Alice, attendrie...

16 juil. 2017

Ne te fie à personne de Vincent Villeminot. Casterman, 2016

La Brigade du Commandant  Markowics est de nouveau en émoi : les attaques de goules se multiplient et sont de plus en plus violentes. Dans son équipe, Diane de Moitié  et Toussaint Fermeture s'agacent ; d'autant que l'enquête leur échappe et est confiée à la Criminelle car, en parallèle, un tueur en série sévit dans la capitale et abat toutes les goules se trouvant sur son chemin. 
Fleur et Adélaïde, quant à elles, filles de Markowics, traversent une période difficile alors que leur mère est morte d'une morsure de goule et que leur père baisse les bras face à leur éducation.

Mais qui sont les goules réellement ? Des gens comme vous et moi, non identifiables, citoyens anonymes. 

Tout le monde est au bord de la rupture, rongé par ses propres blessures, sa fragilité et ses coups durs. 
Et ce que l'on n'imagine pas, c'est l'implication personnelle du passé et de la personnalité de chacun pour arriver à éclaircir le mystère.

Le scénario de ce tome 2 de "La brigade de l'ombre" ne laisse pas de répit, la chasse à l'homme est lancée, la violence est à fleur de peau et Vincent Villeminot ne nous épargne rien.

Un roman noir, énigmatique et haletant  qui frise aisément avec le surnaturel et la folie.

Alice, lecture sous tension ...

13 juil. 2017

Swap d'été #9

Le mois de juillet est vite arrivé et on s'est toutes laissées rattraper par le temps qui filait...
Mais pas question  d'oublier notre swap d'été ! Juste un besoin de le simplifier.

Alors pour cette année, on a choisi de l'alléger et de l'accompagner de mail art ;  l'art d'envoyer des lettres décorées  !
A nous, les ciseaux, les feutres, les bouts de tissus, les morceaux de scotch .... et les petits doigts de fées !

Regardez !

*Un arbre est arrivé !*

Et sous son beau feuillage  de tissu découpé, il cachait deux petites merveilles qui sentent bon la chaleur de l'été, promesse garantie de voyages et d'évasion.



*Eclat de rouge !*


J'ai hâte de partir sous le Ciel rouge d'Isabelle Simler, de m'envoler vers les routes d'Asie, de traverser d'imposants paysages et de rencontrer une princesse papillon.

Et puis plus posément, je partagerai des moments de vacances avec Kimi et Shiro, présage de pur bonheur et de simplicité, comme une parenthèse de tendresse, un sincère Souffle d'été.


Me voila une nouvelle fois enthousiaste et gâtée par un swap sacrément inspiré !
Merci Pépita, toi qui sais si bien résumer...



Bonus : retour sur 







11 juil. 2017

Petit escargot rouge de Rascal. Pastel, 2017

On se laisse d'abord surprendre par le peu d'illustration et par ce petit escargot rouge qui contraste sur le fond noir et blanc.
On s'étonne de l'action qui, à ne pas y paraître, avance tranquillement.
On s'attarde sur l'escargot qui semble parfois apitoyé ou bien émerveillé.
On découvre en une seule phrase que tout est résumé.

C'est qu'il en voit des choses tout au long de sa promenade ce petit escargot !
A son rythme, à petit pas, il va cahin-caha.
Il nous intrigue et nous amuse sans jamais ralentir son pas mais en nous imposant sa lenteur pour apprécier la juste valeur de l'espace-temps !

Minimaliste mais drôlement bien pensé, cet album  regorge d'inventivité !

Alice, contemplative ...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Bouma




9 juil. 2017

Y 'a pas de héros dans ma famille de Jo Witek. Actes Sud, 2017

Mo et Maurice sont une seule et même personne, un gamin de 10 ans. 
Il est Mo quand il passe la porte de son appartement, celui qui est toujours rempli de monde, où sa mère fait des crêpes par centaines, où la télé diffuse des séries en continue, où son grand  frère hurle après le chien en claquant la porte du frigo, où le langage est familier et l'ambiance plutôt mouvementée.
Il est Maurice sur les bancs de l'école, quand la maîtresse emploi le vocabulaire adéquat, qu'il joue avec son copain Hippolyte, qu'il est à l'écoute, qu'il lève le doigt pour répondre correctement aux questions et que tout est parfaitement ordonné.

Mais rien n'est plus pareil à partir du jour où la mère d'Hippolyte fuit l'appartement de Mo et où, en suivant, Mo découvre dans la maison d'Hippolyte le mur des héros de sa famille. 
Et dans la famille de Mo, ils sont où les héros ? Dans son bazar familial quotidien, il n'y a que des zéros ? Et d'abord, que veut dire "être un héros" ? Peut-être que les ancêtres de Mo étaient des héros cachés ? Mais finalement, qu'est ce qui est le plus important dans la vie ?

Jo Witek pose une plume pleine de bienveillance et de tendresse sur cette parfaite chronique familiale et sociale qui fait s'entrechoquer deux mondes que tout oppose. 
Stéréotypes, préjugés, apparences... en douceur, elle envoie tout balader pour donner du sens à la richesse de la mixité.

Une lecture savoureuse qui  détonne, gentiment..

Alice, emballée...


Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Pépita


5 juil. 2017

Connais-tu Pouf ? de Corinne Dreyfuss. Frimousse, 2016.

Pouf est un ours. 
Pas un Nounours, pas un ours-doudou que l'on aime serrer dans ses bras pour être rassuré,  non Pouf est un GROS ours, GROS et poilu, avec de GRAAAAANDES dents, de LOOOONGUES griffes et surtout un gros ventre qui pourrait contenir plusieurs enfants d'un seul coup.

Et le soir, il pousse un cri tellement terrifiant qu'on peut l'entendre au delà des forêts ; de sorte que les enfants qui l'entendent poussent de gros cris eux aussi. 
AAAAAAAAAH, comme c'est effrayant !!

Mais heureusement, Pouf a une maman. Une maman Ourse qui n'est jamais bien loin, qui fait des câlins et qui sait apprendre les bonnes manières. 
Alors, tout rentre dans l'ordre...

Une bonne tête d'ours sympathique, des gros plans, des jeux de répétitions, des surprises, .. sans nul doute nos petits seront conquis par l'histoire de Pouf.

Vous le connaissez le livre à lire et à relire juste au moment du coucher ? Moi je parie sur celui-ci pour les quelques nuits à venir. Une fois amusé et rassuré, l'enfant n'aura plus qu'à se laisser plonger dans les bras de Morphée ... 

Alice et son âme d'enfant ...


Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Chlop