22 déc. 2018

Sauvages de Nathalie Bernard. Thierry Magnier, 2018

Tuer l'indien dans l'enfant pour en faire un véritable canadien ; pari évidemment impossible mais malheureusement tenté au milieu du XIXème siècle dans de terribles pensionnats outre atlantique.

Il ne reste que 60 jours à tenir à Jonas avant de quitter cet enfer mais ces derniers jours vont être terribles. 
Entre injustice, éducation aux méthodes méprisantes, découvertes écœurantes, cris, souffrance, dangers, chasseurs sanguinaires, lutte pour survivre... on comprend son agitation, sa révolte, son départ précipité et son besoin de crier sa liberté.

Une lecture parfois éprouvante pour ce thriller mené avec brio et au final un superbe roman a valeur de témoignage historique pour un peuple qui mérite tout notre respect.

21 déc. 2018

Swap d'anniversaire #12

**Evidemment ! **

Evidemment, que le colis a pris le temps de traverser les frontières !
Evidemment, je l'attendais impatiemment.


Evidemment, il me colle au coeur et à la peau ...


...il me colle même aux baskets !




**Evidemment  !**


Merci Carole, 
pour ce colis et pour toute ton énergie partagée !

Indéfiniment, ...évidemment...


19 déc. 2018

Ueno park d'Antoine Dole. Actes Sud , 2018

Au japon, Hanami est la célébration des cerisiers en fleurs. 
Autour de huit adolescents, Antoine Dole nous propose de vivre ce grand rassemblement à la fois contemplatif et apaisant.
Dans le Ueno Park, le spectacle traditionnel est beau et s'oppose pourtant à ceux qui cassent les codes du Japon actuel.
Les histoires se suivent et nous touchent différemment, mais toutes restent poétiques ... jusqu'à se réunir en une seule.

La symbolique de l’Hanami est évidemment très forte pour que nos ados se réinventent et renaissent.

Un livre à la résonance particulière, à la fois d'une richesse intime et d'une grande révolte intérieure.

Loukoum mayonnaise d'Olivier Ka. Le Rouergue, 2018

Grave et drôle à la fois, Loukoum mayonnaise est une sacrée, mais réaliste, histoire de famille !
Victor est déchiré (parfois littéralement) entre ses deux grands-mères qui se vouent une jalousie et une haine communes. 
Objet ( finalement officieux) de leur mésentente, pris entre deux familles, otage de deux cultures, victime innocente de points de vue irréconciliables, il ne sait plus vraiment qui lui veut du bien. 
Et même si les crêpages de chignons sont plutôt amusants, la situation reste tout de même consternante.

Nous voilà du coup avec entre les mains un roman habile, construit sur des oppositions constantes. Mais un roman savamment mené où l’on marche sur un fil d’équilibriste ne sachant jamais de quel côté nous risquons de déraper (farce ou gravité ?).

Un roman surprenant et très intelligent !
Entre les loukoums et la mayonnaise, je me suis bien régalée !

22 oct. 2018

L'espoir sous nos semelles d'Aurore Gomez. Magnard, 2018

Parfois je me suis dit que ce trek version « téléréalité » manquait de crédibilité et puis ... je me suis laissée porter. Après tout, nous sommes sur une île fictive alors autant ne pas essayer de chercher à établir un lien avec du concret !

Tous les participants se sont inscrits dans cette aventure avec l’espoir de changer de vie. Pour Juno, cet espoir est d’autant plus grand que la victoire est le seul moyen de donner un nouveau départ à sa famille plongée dans un gouffre sans fin.
Dans sa détermination, Juno est forte, courageuse, elle encaisse les coups bas des autres concurrents, les aléas de la nature sauvage, compose avec les tactiques de ceux qui veulent à tout prix gagner, trouve de l’énergie dans sa solitude, se débrouille avec son équipement rudimentaire, résiste malgré la douleur quotidienne... et toujours elle repart avec une véritable volonté.


Ce roman est une aventure humaine hors-norme dans laquelle on se jette parfois en apnée.
Le trek n’est finalement pas une fin en soi, mais une véritable course vers un très beau destin.

The Hate U give de Angie Thomas. Nathan, 2018

Seule une auteur noire américaine pouvait écrire avec tant de sincérité et de justesse les discriminations quotidiennes toujours actuelles des populations afro-américaines.

Il est question de racisme, de guerre des gangs, de corruption, de bavure policière, d'injustice, de colère, d'impuissance, de politique, de militantisme, de religion... D'une bataille permanente que Starr doit assumer du haut de ses 16 ans.

Chapeau pour ce roman qui agite les consciences.
Chapeau pour ces personnages à part entière qui ne tombent jamais dans les stéréotypes.


Les quelques longueurs que j'ai pu trouver, je les ai vite oublié pour me plonger dans ce livre engagé avec intérêt et respect.

A lire et à faire lire !

D'une petite mouche bleue de Mathias Friman. Les fourmis rouges, 2017


Petits apprentis scientifiques, après lecture de cet album qui fourmille de détails, le cycle de la vie et de la chaine alimentaire n’auront plus de secret pour vous ! 

C’est l’histoire d’une mouche, puis celle d’une grenouille, d’un serpent, d'un corbeau, d’un renard ... chaque animal mangeant celui qui le précède. 

Classique me direz- vous !
La qualité de cette histoire en randonnée est bien plus subtile que cela : l’art est là !


Des illustrations crayonnées, une touche de bleue distillée aux bons endroits et tout prend une autre dimension.
Les rimes apparaissent, une ritournelle s’installe et on se régale de la précision de ce petit bijou esthétique.


Et quand la boucle est bouclée ? Il ne reste plus qu’à recommencer !

26 sept. 2018

Soixante-douze heures de Marie-Sophie Vermot. Thierry Magnier, 2018



72 heures, c'est le temps dont dispose Irène, 17 ans pour revenir sur sa décision d'accoucher sous X.
72 heures où elle revit ce moment de plaisir qui va accrocher une petite graine dans son ventre.
72 heures où les souvenirs d'enfance, les joies, les traumatismes, les éclats vont refaire surface. 
72 heures tangibles, de confessions, de certitudes, de doutes, de force et de vulnérabilité. 
72 heures pour nous assurer qu'à 17 ans on peut avoir mûrement réfléchi a décision et envisager les conséquences.

72 heures, c'est le laps de temps où Irène avance comme un funambule, à la fois si jeune et si mature.
72 heures pour sceller le destin d'un nouveau-né et, quel que soit le choix, il impose le respect.



Subtil, intime, mesuré, ce très beau roman, sans jugement, est d'une émotion intense.

Comment sortir indemne de cette lecture vibrante ?

31 août 2018

Deux minutes en moins de Marie Collot et Nancy Guilbert. Magnard, 2018

Deux ados. 
Deux drames. 
Un passé que l'on ne peut pas réinventer. 
Un thermos de thé. Un visage cabossé. Un deuil. Une tonne de culpabilité. Un professeur de musique.
De la douleur. De l'isolement. Un étonnant perroquet. Des relations humaines tout en subtilité. 

Des haïkus. De la musique. Du partage.

Une reconstruction. 

Si cette histoire m'a mis la larme à l'oeil, c'est tout simplement parce que c'est beau !
Un véritable ascenseur émotionnel, condensé de douceur et de de douleur.

Une histoire sans fausse note.
Un livre qui donne envie de vivre, tout simplement !

-GROS COUP DE COEUR-

Sept jours pour survivre de Nathalie Bernard. Thierry Magnier, 2017

Je me suis laissée piéger par cette fiction entraînante, voir même parfois haletante. 

Je me suis retrouvée dans la peau d'une ado kidnappée par un psychopathe dans une cabane isolée au milieu de l'immensité d'un bois canadien enseveli sous la neige. 
Je me suis retrouvée dans la peau d'une maman affolée à qui on a enlevé son ado sur le trajet  quotidien du collège.
Je me suis retrouvée dans la peau d'un père inquiet, impuissant, emprisonné derrière des barreaux.
Je me suis retrouvée dans la peau d'une femme flic, motivée, pressée par les premières 48 heures cruciales.

Sept jours pour survivre est une histoire , certes romancée, mais jamais trop exagérée.
De quoi la rendre crédible d'autant qu'elle aborde la véritable histoire des amérindiens au XX° siècle au Canada.

Bref, j'avais amené ce livre pendant mes vacances au Canada et c'était vraiment le moment idéal pour se plonger dans ce récit perspicace et vraiment bien mené.