11 juin 2018

Miss Dashwood : nurse certifiée. Gwenaëlle Barussaud. Fleurus, 2016

Pas facile d'être la nurse de deux enfants qui se sont jurés de faire déguerpir les prétendantes au bout de 10 jours ! 
Comme les précédentes, Miss Daisy ne va pas échapper au caprices et sournoiseries de Godefroy et Charlotte de Granville !
Où sont donc leurs bonnes manières ? 
Ces enfants turbulents ne correspondent décidément pas au modèles de références que Miss Daisy à étudié à la "Perfect children academy".
Entre gaffes, disputes et dressage de marcassin,  Miss Daisy va même envisager de jeter l'éponge et de retraverser l'atlantique pour rentrer chez elle !

En voilà un livre savoureux qui ne manque pas de rythme ! C'est frais, vif, drôle et on passe, en compagnie de Miss Daisy et de ces deux diablotins, un bon moment de lecture. 
Sacrée miss Daisy, ingénieuse et déterminée, ses aventures ne sont pas finies !

6 juin 2018

Où êtes-vous ? Barroux. Seuil, 2017.

Quand on est le roi d'un peuple nombreux, on peut décider de jouer à ce qu'on veut . 
Et quand on s'ennuie, quoi de mieux que d''envisager une grande partie de cache-cache ? 
C'est facile, c'est amusant et tout le monde peut participer !

Allez hop, le roi des animaux compte jusqu'à 100 pendant que les autres n'ont qu'à trouver une bonne cachette. 
Mais il est fort le roi, il arrive à trouver l'oursin au fond des océans et même la mini puce du Mozambique. 


Voilà que la partie est terminée ;  certains ne manqueraient-ils pas l'appel ?

Après une première approche ludique, la chute est inattendue et carrément sérieuse. On se laisse surprendre par un étonnant renversement, consciencieux et subtil.
N'ayons pas peur d'éveiller les consciences et osons-le le faire avec une drôle d'histoire et de douces illustrations !
Un album enrichissant, un pari réussi !

3 juin 2018

Tous les oiseaux savent de Claire Mazard. Oskar, 2017

Résumer ce livre ... difficile.... 
Une vie de jeune coloniale en Afrique en 1950.
Mais pas que ...
On est rapidement affecté par une cruelle relation mère-fille. Un lien tendu et autoritaire, un silence permanent fait d'indifférence et de soumission.
Et puis, subitement Emmy est renvoyée en France pour vivre chez sa grand-mère.
Alors, on devine. On devine un secret bien gardé, une douleur perceptible, sans vraiment pouvoir l'imaginer.

2014, on retrouve Emmy en France, installée à Paris, chineuse, silencieuse et sauveuse de sans abris. Une vie généreuse envers les autres mais toujours faillible pour elle.
C'est une rencontre bouleversante qui va faire resurgir tous les douleurs de l'enfance, le secret inconsciemment dissimulé et le poids à porter. 

Ne pas en dire trop... laisser le lecteur être troublé par un roman qui mérite de se lire jusqu'au bout. 
Apprécier l'écriture à la fois sèche et pudique.
Croire en la résilience. 
Ecouter les oiseaux pour supporter son chagrin.

14 mai 2018

Ma dernière chance s'appelle Billy D. d'Erin Lange. EDL, 2017

Dane Washington est un gamin en colère. 
Et sa colère se traduit par des fourmillements dans les poings et des bagarres fréquentes. Avant l'exclusion définitive, le proviseur lui donne une dernière chance : chaperonner Billie D. 
Mais tout ne va pas être simple entre l'ado rebelle et le jeune trisomique. Ils vont devoir apprendre à se connaître, s'apprivoiser, s'accepter et se comprendre.
Au final, entre engueulades et émotions, c'est une belle amitié qui va se construire entre Dane et Billie. Chacun va s'enrichir de la présence de l'autre et grandir avantageusement.
Nos deux ados sont vraiment attachants et on éprouve une certaine tendresse à suivre leur coude à coude compliqué et à s'embarquer avec eux dans leur périple hasardeux.

"Ma dernière chance s'appelle Billy D" est un roman fluide qui aborde la différence, les apparences, la place des parents, la violence, l'absence, .. mais surtout l'amour sous toutes ses formes. 
Mais c'est aussi un roman captivant qui nous amène au travers des états d'Amérique avec la quête permanente de Billie qui souhaite retrouver son père grâce à des indices laissés dans un atlas.
Quelle force dans ce livre ! Nous sommes vraiment en plein ascenseur émotionnel et jusqu'aux dernières pages nous sommes efficacement amenés là où on ne s'attend pas.
Quelle surprise !


28 mars 2018

Un roman d'aventures (ou presque) de Yaël Hassan. Syros, 2017

C'est ce qu'on pourrait appeler un roman à tiroir où  l 'histoire d'un écrivain qui nous raconte l'histoire du livre qu'il est en train d'écrire. 
Et ce n'est pas simple comme exercice, surtout quand on est un écrivain inexpérimenté et que sa propre histoire vient interférer dans l'écriture de ce roman. 

Tout cela vous parait compliqué ? 
Pas du tout ! On arrive facilement a passer d'un point de vue à un autre et à être tout autant intéressé par les aventures d'une bande de 6 jeunes qui est en train de naître sous la plume de Nathan que par le cambriolage de sa maison de campagne et le secret de son grand-père.

Sans oublier que tout cela est ponctué par les réflexions, interrogations, inquiétudes de l'écrivain qui nous explique le cheminement de ses idées et la construction de sa pensée.

Vraiment, cet exercice d'écriture est très original, sans oublier d'être surprenant et drôle ! 
Un roman à mille et une facettes qui n'oublie pas non plus d'être sérieux et de nous interpeller sur des faits de société.

Tout s'imbrique parfaitement, le ton est spontané, le récit reste très dynamique et l'on se retrouve à dévorer ce livre sans en perdre un miette !



26 mars 2018

Tu vois, on pense à toi ! de Cathy Ytak. Syros, 2017

Voilà un petit roman bien sympathique !
Deux garçons, une fille : un trio complice qui se trouve séparé le temps d'une classe découverte. 
Si Clément et Nolan sont de la partie, leur amie Alwena, clouée sur un lit d'hôpital, n'a pas pu accompagner ses camarades. 

Mais ils se le sont promis, malgré la distance, ils seront toujours ensemble ! Alors tous les soirs Nolan et Clément  se connectent à l'ordinateur disponible pour raconter leur journée à leur amie éloignée. 
C'est qu'ils ont aussi une mission à accomplir : avant de partir Alwena leur a confié une boîte et ils attendent ses instructions pour l'ouvrir.

Dans ces 10 chapitres courts, il ya toute la naïveté et l'émerveillement de l'enfance : des vers luisants qui brillent la nuit, des disputes et des chagrins, des gâteaux cachés dans les fonds des valises, une étrange vielle dame mi-sorcière mi-sirène, des cailloux pour retrouver le sourire... et un lien authentique qui nous mène tout droit vers une amitié éternelle. 

Voilà, le livre est déjà refermé mais quel bon moment on a passé ! 
Un roman à la fois riche de fidélité et irresistible de sincérité où la justesse de ton est parfaite, comme pour lui donner toute sa réalité. 
Je me suis régalée !

19 mars 2018

Quand vient la vague de Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier. Rageot, 201

Qu'est ce qui a poussé Nina à fuir le domicile familial ? Est-ce une "simple" fugue ? Doit-on imaginer bien pire ? Après des mois d'agitation, l'enquête s'est essoufflée, les parents se sont épuisés mais l'incompréhension reste entière. 
Son frère, Clément, piqué à vif par un copain, va alors décider de tenter de remonter le fil de l'histoire pour comprendre cette disparition.

Le livre se construit clairement en deux parties dont le tournant est la révélation, prévisible, de la raison de cette fuite. 
Jusque là, tout semble linéaire, mais l'on plonge ensuite dans ce qu'il y a de plus profond pour chacun des deux ados. Les auteurs insistent sur leur force singulière, leurs réflexions individuelles, leurs doutes, leurs angoisses et leur amour réciproque.
Rien n'est simple dans une famille, mais ici, personne n'est jugé. Alors si le mensonge, la colère, l'incompréhension,  la culpabilité, ... bousculent violemment ces gamins, ce n'est qu'un premier pas pour eux d'accepter, à leur façon,  la réalité.

Avec brio et limpidité, les auteurs nous offrent un roman assez fluide sur les secrets de famille mais aussi sur les questionnements qui raisonnent dans la tête des adolescents alors qu'ils sont au moment crucial de basculer dans le monde "adulte". 

Voilà, un roman contemporain intéressant sur la quête de soi et l'amour fraternel.


16 mars 2018

Passionnément, à ma folie de Gwladys Constant. Le Rouergue, 2017

Nous ouvrons le premier chapitre de ce roman sur un drame : on réalise très vite que Gwen est dans une chambre d'hôpital après une tentative de suicide. 
C'est en remontant son journal intime, son carnet écrit au fil des jours, celui qui lui sert de thérapie, que nous comprenons tout de son histoire ;  des rouages de cet amour toxique qui l'a poussé au bout d'elle -même, au bout du supportable.

Manipulée par William, Gwen n'a rien vu venir. Dans ce qu'elle croyait être un conte de fée, elle a perdu son identité, sa dignité, sa personnalité. Aspirée dans le processus d'un pervers narcissique, cette jeune ado nous parle sans concession  de ce qu'elle a vécu et des terribles conséquences.
Si l'écriture l'aide à comprendre le piège dans lequel elle est tombée, les médecins, la famille, les amis seront ceux qui l'aideront à pérennisé sa reconstruction.

Gwladys Constant nous accroche dés le début de l'histoire pour ne plus nous lâcher d'un fil,  sans nous ménager.

Voilà un livre, qui même s'il se termine sur une note d'espoir, reste malheureusement nécessaire en montrant l'isolement des victimes quelles qu'elles soient, leur aveuglement et leur impuissance. 
Une lecture addictive, violente mais fondamentale.


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita

14 mars 2018

Ca change tout ! Cathy Ytak et Daniela Teni. L'atelier du poisson soluble, 2017

L'amour, ça ne de décide pas !
Quelque soit son âge, quelque soit son sexe, ... être amoureux ça change TOUT !

Baptiste et Camille s'aiment et puis c'est tout. 
Dans leur apprentissage intemporel, ils apprennent à se séduire, à s'étonner, à se frôler, à se dévoiler... tout semble vraiment simple et évident. 
Leur histoire se déroule tranquille, paisible et le moindre battement de coeur reste palpable.
Mais finalement sous cette histoire d'amour ordinaire : Camille aime Baptiste. Qu'est ce que ça change ? RIEN. 
Et quand tout semble aboutit, ce petit bijou poétique prend une autre saveur comme pour nous inviter  à le relire en détenant une nouvelle clé.

Un album élégant, tendre et intelligent qui, sous la plume de Cathy Ytak et les doux traits  de Daniela Tieni,  sublime l'amour sous toutes ses formes et son consentement.

Parce que les lois du coeur n'existent pas, laissons nous guider par la générosité des sentiments !

11 mars 2018

Et j'irai loin, bien loin de Christophe Léon. Thierry Magnier, 2016

En fermant ce livre, je ressens comme un manque. 
Le manque de savoir ce qu'il se passe plus précisément dans la conscience d'une famille ordinaire qui se retrouve à accueillir, malgré elle, une famille de migrants.
Mais il me manque aussi de creuser plus profondément  tout ce qui se passe dans la tête de ce père et de cette fille qui ont traversé les frontières et les pays dans leur longue fuite.

J'ai par contre trouvé dans cette fiction, d'une actualité incontournable, de la spontanéité, de la solidarité, de l'enrichissement personnel, de l'aide et de la bienveillance. 
Comme toujours  avec Christophe Léon, le lecteur est poussé dans ses propres retranchements, dans son propre questionnement : que faisons-nous face à la dignité de l'accueil des migrants ? Jusqu'où pourrions nous aller ? Jusqu'où sommes nous dérangés dans notre confort personnel ?

Alors, même s'il me manque de la profondeur  dans la réflexion des personnages, le fond mérite d'exister et la thématique  de ce roman a toute sa nécessité.

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute

8 mars 2018

Révoltées de Carol Trébor. Rageot, 2017

Russie, Octobre 1917. 
En plein coeur de la Révolution, Léna participe à l'insurrection alors que sa soeur jumelle, Tatiana,  trouve sa place auprès d'une troupe de théâtre.
Voilà deux héroïnes très engagées qui nous plongent, le temps d'une semaine, dans l'agitation d'un pays meurtri qui cherche sa reconstruction. Dans ce contexte particulier, certains ont choisi leur camp et défendent leurs idéaux, armes au poing directement derrière les barricades, d'autres participent à leur façon à la Révolution en  protégeant les familles, en cachant des informations...

Le lecteur vit vraiment cette contestation de l'intérieur : la débandade et l'inexistence du pouvoir, les petits et grands traffics, les traques, les dénonciations, ... Carol Trébor, historienne d'origine,  n'a rien omis de cette période qu'elle nous raconte avec beaucoup de détails.

Un roman vraiment d'intérêt mémorable, largement complété par toute une partie documentaire qui nous apprend la réelle existence de ces deux femmes russes qui ont su prendre leur destin en main.

Un roman succinct et surtout assez intense qui forme un tout très cohérent mais très exigeant sur ses propres connaissances.


6 mars 2018

Le refuge de Géraldine Alibeu. Cambourakis, 2017

Le refuge, c'est cet endroit rien qu'à nous où l'on aime se retrouver à l'abri, loin des autres, juste pour avoir un moment pour soi.

Richard  est doué pour se construire son propre refuge ; il sait où trouver les matériaux et comment les assembler. Sa cabane faite de bric et de broc est tellement accueillante et tellement parfaite, que les visiteurs ne tardent pas d'arriver. Un oiseau d'abord, une dame avec son ombrelle ensuite puis tout un groupe d'enfants qui finissent pas s'installer.
Ce petit cocon douillet n'est alors plus le seul refuge de Richard mais un refuge pour tous. 

Un album d'actualité qui en filigrane  pose la question de l'accueil de l'autre et des migrants en particulier.
Avec tendresse et simplicité, Géraldine Alibeu dessémine aux jeunes lecteurs des valeurs d'écoute, de savoir, de partage et de générosité. Une jolie manière de les interpeller à mieux vivre ensemble, à s'écouter et à s'accepter. 



5 mars 2018

Je m'appelle livre et je vais vous raconter mon histoire de John Agard. Nathan, 2015.

Mais d'où vient donc ce livre que vous avez entre les mains ? C'est tout une aventure !
De sa naissance en Mésopotamie en passant par l'invention de l'écriture, de l'imprimerie et jusqu'à l'e-book aujourd'hui, cette véritable autobiographie vous dira tout de ce merveilleux et indispensable objet. Sa vie n'a pas toujours été facile ( censure, autodafé...), mais il est toujours là  et, rassurons-nous, encore pour longtemps !
Et comme Monsieur est reconnaissant, il sait aussi rendre hommage aux bibliothécaire et "autres passeurs"  !

Il est chouet' ce livre, à la fois très instructif et très ludique il condense 5000 ans d'histoire en quelques pages accessibles à tous ! Quelle surprise ! On se laisse rapidement emballer par la forme choisie, moins formelle qu'un documentaire classique mais tout aussi riche en information.

Alors, je vous invite vraiment à être curieux et à vous laisser emporter par cet efficace roman original, truffé de petites anecdotes et autres curiosités. 

A la fois simple et intelligent ; à découvrir...


Souvenez vous, un livre offert par Sophie

28 févr. 2018

Une histoire d'amour de Gilles Bachelet. Seuil, 2017

Où l'on retrouve toute l'inventivité de Gilles Bachelet  !
A la fois, cette réalité quotidienne et ce petit éclair de folie pour un album unique complètement drôle et terriblement touchant. 

Quelle maîtrise, pour cette chronique d'une histoire d'amour ordinaire qui, sous nos yeux, devient extraordinaire !

C'est la routine pour Georges et Josette et pourtant, dans leur empathie, dans leur petits travers, dans leur affection ils sont terriblement adorables. 
Alors bien sûr, si je vous dis que Georges et Josette sont deux gants de ménage et que cette mise en perspective permet un recul intéressant, vous comprendrez tout le génie de l'auteur.

Une histoire décalée pour s'amuser bien sûr mais derrière cette fantaisie et cette imagination débridée, une reconsidération du bonheur et de la vie comme elle est !

PARFAIT !




26 févr. 2018

La divergence des icebergs : où comment les ours apprirent à nager de Jean-Philippe Basello et Aline Deguen.Thierry Magnier, 2017

A la manière d'un conte qui stimule l'imaginaire, nous découvrons émerveillés comment les ours ont du s'adapter à la fonte des glaces.

Duhbe et Merak sont deux ours amoureux douloureusement séparés quand leur bout de glace respectif s'éloigne l'un de l'autre.
Dérivant vers de nouveaux horizons, chacun cherche à survivre tout en gardant espoir de retrouver sa douce moitié.

Avec cet album, on s'offre un véritable moment d'évasion.  
Tout en légèreté, les auteurs nous livrent une fable écologiste alors qu'une belle histoire d'amour nous fend le coeur. Nous voilà complètement immergés, emportés dans ce monde de silence et captivés par l'immensité de ce bleu profond.

Une belle signature artistique pour cet album très subtil, joliment étoilé, absolument magnifique.



21 févr. 2018

Colorado Train de Thibault Vermot. Sarbacane, 2017

L'écriture est nerveuse, intense.
Les chapitres courts.
Le rythme tendu, angoissant.

Le lecteur est là, impuissant, apeuré, angoissé de vivre l'épouvantable en ayant toujours derrière son dos le souffle du Wendigo ; cette voix lointaine qui glace le sang et  rajoute du malaise aux drames quotidiens déjà bien présents.
Alors le lecteur, immergé dans cette ambiance menaçante, s'accroche aux pages et aux chapitres en s'interrogeant toujours sur la limite fragile entre fantastique et réalité.

Et puis, il y a l'horreur. L'horreur d'imaginer cette bête affamée de chair humaine qui rode sans jamais se dévoiler.
Et au milieu de ce cauchemar, une bande d'amis rudes et courageux enquête sur la disparition d'un des leurs.

Amateurs de sensations, cette lecture est pour vous ! 

Quand l'aventure se fait frisson, cette histoire carrément diabolique mérite une mention spéciale pour son individualité et sa singularité.
C'est tout simplement un premier roman remarquable sur le côté le plus sombre de la nature humaine.

15 févr. 2018

Le doudou des bois d'Angélique Villeneuve et Amélie Videlo. Sarbacane, 2016

Mince ! C'est à l'occasion d'une promenade dans les bois que Georgette à perdu son doudou ! Il faisait bon, les couleurs étaient belles, le doudou sentait bon le dodo ... alors elle l'a posé et puis elle l'a oublié.  
Ce n'est que la nuit venue qu'elle s'en est aperçue mais, courageuse, elle est repartie dans les bois le lendemain pour retrouver son doudou qui lui ferait du bien. Celui qui la réconforterait, qui aurait l'odeur du dehors et la douceur du dedans. Mais elle a beau chercher ... pas de doudou en vue. Alors, pour se consoler, Georgette a décidé d'adopter un nouveau doudou, un doudou qui viendrait du bois, un doudou tout mou, qui ne piquerait pas et qui ne glisserait pas dans les doigts . Et c'est en cherchant bien, derrière un grand chêne, que Georgette l' a trouvé ...

Toute cette histoire, joliment dense, met tous les pêrceptions en éveil. Car si l'histoire du doudou, objet transitionnel est bien connue, ici ce sont les cinq sens que l'on propose aux enfants de cultiver.
Dans cette forêt, on se retrouve vite envoûté par sa densité, par les crissements des pas sur les feuilles d'automne et par l'odeur du sous bois.

Alors cet album, c'est comme une doudou à lui tout seul :  une agréable ballade sensorielle, tendrement bonne avec une légère touche de nostalgie.

13 févr. 2018

Les valises de Séve Laurent-Fajal. Gallimard, 2016

C'est à l'occasion d'un voyage scolaire à Aushwitz que Sarah se trouve chamboulée par un nom de famille écrit sur une valise. 
Dés lors, elle n'a plus qu'une idée en tête : faire  des recherches sur ses origines, sur ce père dont elle ne sait rien, sur cette  famille inexistante, sur ce passé qui, elle en est sûre, n'est pas si simple.

Si elle est bien décidée à interroger sa mère, il n'est pas facile de briser la barrière de silence qui s'est installée entre elles. Sarah va alors se démener seule pour  éclaircir l'ombre qui plane sur son histoire, si proche de la grande Histoire.

Dans cette quête de vérité, Sarah va trouver sur sa route des éléments facilitateurs : une enveloppe cachée, trouvée sans peine, un petit ami follement amoureux complètement dévoué à son aide, un prof d'histoire doué de la généalogie... et finalement la puissance de la thématique s'en trouve un peu oubliée.
Les événements s'enchaînent et rien ne semble émouvoir Sarah qui les accepte sans grande complexité de gestion.

Si la lecture est  agréable, je regrette donc ce manque de surprise et cette perte de sens où les premiers émois amoureux de Sarah prévalent finalement sur le fond historique et la quête identitaire.
Dommage, car la thématique était prometteuse ...

Souvenez vous, 
un livre offert par Sophie 



12 févr. 2018

Dans les yeux de Philippe Jalbert. Gautier Languereau, 2017.

Le Petit chaperon rouge, tout le monde connait. Mais qui a déjà osé voir cette histoire  à travers les yeux du loup et à hauteur des yeux du Chaperon ? 
C'est exactement le pari réussi de Philippe Jalbert qui ne dénature en rien l'histoire originale mais qui nous propose un double regard et une alternance des voix vraiment pertinents. 
De gauche à droite, les points de vue changeants et les illustrations détaillées offrent une dimension troublante  à ce conte classique qui gagne en mystère et en profondeur. 
Et si le texte sait se faire discret, la juxtaposition de verbe, de phrases nominatives sont comme un boulet plein d'impact qu'il faut arriver à encaisser. 

La tension monte et l'insouciance du Petit Chaperon n'y pourra rien.  Le face à face final est aussi brutal qu'angoissant et la dernière page tournée on reste encore surpris de cette mise en scène de toute beauté.

Une adaptation remarquablement bien réussie, dont l'épurement et la pureté n'enlèvent rien à la puissance.


Retrouvez l'avis de
 ma copinaute Pepita

9 févr. 2018

La couleur du vélo de Sandra Le Guen. La Palissade, 2017

Ce noël là, baigne dans une ambiance particulière. Toute la famille est bien réunie autour de la table, papi Moustache fait toujours son numéro pour laisser les plus petits croire encore au père-noël  et pourtant, il y a un grand vide. 
Le vide qu'a laissé papa qui n'est plus là depuis l'été. Tout le monde a beau essayer de faire de son mieux, rien n'est plus pareil. Surtout pour Anaïs qui refuse désormais de voir la vie en rose. Cette couleur est pour elle la couleur interdite, la couleur du passé, la couleur qui lui rappelle quand papa était encore là.

Alors quand vient le moment du déballage, et qu' Anaïs découvre bien le vélo de grande qu'elle avait commandé, elle n'avait pas du tout envisagé qu'il serait ROSE !!! Elle claque la porte et s'enfuit dans le grenier !
C'est alors dans les souvenirs d'enfance de son papa qu'elle va se plonger, dans les bras de sa maman qu'elle va trouver du réconfort et grâce aux qualités de bricoleur de son papi qu'elle va progressivement accepter l'absence et apprécier son cadeau.

Un roman court qui concentre de beaux moments d'émotion et d'espoir. 
Un roman qui parle simplement et efficacement de l'absence, du chagrin et de la vie malgré tout.
Une jolie approche discrete et efficace.


Retrouvez l'avis de 
mes copinautes Sophie et Bouma

6 févr. 2018

Quand j'étais petite ... de Sara O'leary et Julie Morstad. L'étagère du bas, 2017

C'est très étonnant de voir comment un enfant se représente ses parents quand ils avaient son âge ...
Jules feuillette régulièrement l'album photo de maman, mais aujourd'hui il veut entendre des souvenirs, des anecdotes. 
Alors maman lui raconte, aussi petite qu'un liliputienne, comment elle jouait avec ses poupées, quelles étaient ses gourmandises, ses plaisirs, ses passe-temps ... des petits morceaux de son enfance qu'elle se permet de poétiser en quelques lignes pour laisser encore planer le doute et pour ouvrir les portes de l'imagination.

Tout est délicat, un petit peu espiègle et permet de tisser un lien complice entre la mère et son fils. 

Un album charmant, tout en simplicité, comme un geste d'amour tout en délicatesse.

Retrouvez l'avis de ma copinaute Chlopitille

5 févr. 2018

Sauveur & fils, Saison 4 de Marie-Aude Murail. EDL, 2018

Sauveur et fils, saison 4, voila la boucle est bouclée !
On retrouve dans cet épisode tous les personnages qui  nous ont accompagné jusque là 12, rue des Murlins, toutes les histoires qui se sont entrecroisées, les secrets qui se sont révélés et les relations qui se sont nouées.
Pour mettre un terme à la saga, il y est question de culpabilité, de gravité et de vérité. Mais comme toujours avec Sauveur, on apprendra à tout comprendre et tout accepter.
Avec sensibilité et beaucoup d'humour, Marie-Aude Murail continue de nous interroger sur des problèmes universels et de nous captiver en abordant des questions d'actualités.
Et c'est cette proximité, cette authenticité qui nous enchantent, sans aucun doute.
Dans toute cette agitation, entre cabinet de consultation et maison de famille recomposée, on  ne s'ennuie jamais ! On écoute ces ados qui se cherchent, ses parents parfois une peu dépassés, les grandes peines et les jolies joies qui nous rappellent que dans  ce monde rien n'est parfait, nous les premiers !

A consommer sans modération, Sauveur et fils, une série en or !

Mes chroniques des tomes précédents, c'est par ici

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita

2 févr. 2018

D'un trait de fusain de Cathy Ytak.Talents hauts, 2017

Dans les années 90, rien n'était comme aujourd'hui.
Les premiers émois amoureux, le désir, les rapports sexuels  étaient tous entachés par l'épidémie du Sida et l'inaction des pouvoirs publics. 
Dans les années 90, on sortait couverts, on installait des distributeurs de préservatifs devant les pharmacies et seul un petit triangle rose osait défier les autorités.

C'est pendant ces années-là que Marie-Ange et son groupe d'amis découvrent la confusion des sentiments, l'homosexualité, la séropositivité, les préjugés, la peur et surtout la colère et l'engagement.

Très délicatement, comme le traits de fusains qui crissent sur les feuilles de dessin, Cathy Ytak nous parle de sentiments mais aussi de fureur de vivre et d'aimer. 

C'est l'histoire de cinq coeurs qui battent, parfois différemment, parfois à l'unisson. 
Cinq coeurs qui s'offrent à nous avec leur force fragile.
Cinq coeurs doux, insolents, mais toujours battants.
Cinq coeurs qui sont toute la fougue d'une jeunesse palpitante.

Merci à la plume délicate et réaliste de Cathy Ytak, de nous offrir un roman intelligent et indispensable.



Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita

30 janv. 2018

La piscine magique de Carl Norac et Clothilde Delacroix. Didier jeunesse, 2017

Quand on est le Roi de la jungle, on a bien sûr droit à sa piscine privée !
Mais pas n'importe laquelle : une piscine MAGIQUE !!! 
Enfin, c'est ce que dit le Roi, mais personne ne l'a jamais vu cette fameuse piscine.
Qu'à cela ne tienne, le Roi annonce un beau matin depuis la tour géante de son château, qu'il rend la piscine accessible à tout le monde !
On assiste alors à un joli défilé d'animaux tous plus élégants les uns que les autres : c'est que chacun a bien envie de savoir ce qu'elle a de magique cette piscine !
Vous aussi, non ?

Pour cela il vous suffira de vous plonger dans ce joyeux bouquin qui vous promet un  chouet' moment de rigolade. 
Effet de répétition, première approche des illustrations style BD, moquerie autour de la prétention, amusement de l'effet de magie, suspens final... tout un condensé de détails regroupés en un seul et même album au ton dynamique et aux illustrations hyper colorées, et joyeuses ... 
Bref, pas de doute, on est sûr à l'avance d'un succès garanti auprès d'un public du plus grand au plus petit !

28 janv. 2018

Nightwork de Vincent Mondiot. Actes Sud, 2017

Ce livre s'ouvre sur la décision de faire un aveu.
Un aveu dont je ne dirai rien car il ne sera dévoilé qu'au dernier chapitre et que jusque là, l'histoire vous aura interrogé et complètement passionné.
Patrick, Abdel et sa mère se détestent autant qu'ils s'aiment, entre eux, c'est la haine, l'amour et surtout la misère sociale. 
Une seule adulte, ancienne infirmière qui a sombré dans l'alcool et la dépression. 
Un frère aîné qui vit d'embrouilles, de trafics et qui a fini par se retrouver derrière les barreaux. 
Et puis il ya Patrick, qui continue d'encaisser les coups et les insultes des petits caïds du collège, qui a juré de se taire, de ne rien dire et qui subit le quotidien sans jamais broncher. 
Aujourd'hui Patrick a 21 ans , et il va confier son histoire tragique au lecteur. S'il a  du mal à trouver les mots, s'il hésite, si l'on sent le malaise, s'il digresse, c'est parce que sa vie, déjà difficile, a dérapé gravement. 
Dans sa solitude, dans sa confidence, il ne cherche pas d'excuses, ni de pardon, il veut juste être en paix avec lui-même. 

Nightwork, c'est une bonne claque dans la figure qui ne peut pas te laisser insensible.
Nightwok, c'est de la souffrance sociale à chaque page que tu tournes.
Nightwork, c'est un livre que tu vis dans ta tête et dans tes tripes.
Nightwork, c'est l'histoire de Patrick, un gamin attachant... qui voulait juste être aimé.

Un livre pas facile, mais chaudement recommandé.

25 janv. 2018

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna. Albin Michel, 2016

Les vacances commencent mal dans cette vielle maison, sous cette pluie battante avec une mère scotchée à son écran d'ordinateur ! A part la console de jeu, rien ne tue le temps et l'ennui qui s'installent.

Et pourtant, il suffit parfois de pousser la porte, d'affronter les intempéries et que la console tombe à l'eau pour s'émerveiller de ces champignons vénéneux, de ces petites bêtes qui se cachent dans le sol, de ces cailloux qui deviennent de véritable kaléidoscopes...

Il suffit de presque rien, d'un petit jour de rien du tout, pour découvrir le monde comme on ne l'a jamais vu !

Et si cet album interroge explicitement sur la déconnexion des écrans et l'ouverture au monde, il va encore plus loin et évoque en nous ces petits bonheurs simples et futiles, cette nature belle et mystérieuse et surtout  l'absence d'un père, la chaleur d'un foyer et la sérénité  du silence.

Comme d'habitude je suis sous le charme du talent de Béatrice Alemagna. Si son texte est porteur de messages forts, ses illustrations, travaillées jusqu'au moindre détails, nous offrent un album très abouti où tout s'imbrique dans la plus belle harmonie.

Un album enchanteur, à la fois vibrant et apaisant qui sent bon le chocolat chaud !

17 janv. 2018

Lignes de Suzy Lee. Les grandes personnes, 2017.

C'est l'histoire d'un coup de crayon. 
Un coup de crayon qui permet à une fillette en patins de prendre vie sur la glace immaculée. 
Elle tourbillonne, elle virevolte, elle enchaîne les figures... 
Bonnet rouge vissé sur la tête, nez au vent, sous la pointe du crayon de l'illustratrice, elle dessine des courbes, elle glisse avec virtuosité, elle danse une véritable  chorégraphie ... et on sent la maîtrise dans chacun de ses mouvements.
Mais, un enchaînement un peu moins assuré, une prise de vitesse inappropriée et patatras ! la perte d'équilibre est là !

Mais ce n'est pas de cette histoire là que veut l'illustratrice, alors elle froisse son papier, sort sa gomme et son crayon pour réinventer une histoire plus appropriée.

Intelligence des points de vue, de la mise en perspective, cet album sans texte se lit et s'écrit directement sous nos yeux. 
Enchantement poétique, pureté des lignes, efficacité dans la simplicité... on aime dans cet album son intelligence et son intensité.

Un véritable petit bijou immaculé !


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Chlop

14 janv. 2018

Star Trip d'Eric Senabre. Didier Jeunesse, 2017

Imaginez-vous plonger dans l'Idaho en 1968, être fan d'une série SF et tout un coup partir dans un road trip  à bord d'une  fausse navette spatiale en compagnie d'un héros intergalactique...
Le résumé est un peu succinct, certes, mais il montre toutefois l'état d'esprit un peu déjanté dans lequel il faut être pour apprécier cette fiction aux frontières avec le réel.

Quand je vous aurais dit que durant cette folle aventure vous croiserez les personnages les plus fous qu'il soit ; un acteur-looser, un gérant de motel en perdition, un indien chaman, un révérend insistant, un shérif angoissé... vous comprendrez que vous avez entre les mains une histoire surréaliste, incroyable, tout en étant quelque fois prévisible.

Je n'en dirais pas plus car tout s'envisage, qu'il faut gagner à aller de surprise en surprise, à découvrir ces personnages fortement attachants et plein de caractère, ... et pourtant je ne suis pas complètement entrée en "gravitation" avec cette histoire un peu vintage et hors du commun.

Si ce n'est cette fine ribambelle de personnages bien trempés qui porte à elle seule tout l'intérêt du roman, l'intrigue n'est pas palpitante et il faut creuser pour qualifier cette histoire de roman initiatique, tellement tout cela reste improbable.

Reconnaissons tout de même à ce livre d'être un véritable OVNI  dans le milieu éditorial jeunesse ! Et ça, ça fait du bien !

Alice qui n'a pas décollé avec cette mise en orbite ...

11 janv. 2018

Inséparables de Sarah Crossan. Rageot, 2017

Grace et Tippi sont deux soeurs inséparables. 
Inséparables, tout simplement car elles sont siamoises, rattachées par la hanche. 
Sont-elles un ? Sont-elles deux ? 
Par la voix de Grace, elles essayent de nous faire partager leur quotidien en gardant confiance et humour. Elles s’accommodent de leur mode de vie qui est le seul qu'elles aient connu. Elles ont appris à vivre avec, à s'écouter et  à partager.
Elles ont pourtant certaines certitudes: elles ne connaîtront jamais l'amour, elles ne veulent pas être séparées et elles ne veulent pas être médiatisées comme un monstre de foire.

Alors que la rentrée approche, elle s'apprêtent à faire le grand plongeon et à passer la porte pour la première fois d'un établissement scolaire, entourées d'ados "lambda". 

Comme un journal intime, nous partageons 8 mois de la vie des ces siamoises à la fois étonnantes et fascinantes.
Le sujet interpelle forcément ! Et il est ici plutôt traité de manière soignée et respectueuse.
Mais  la forme de l'ouvrage n'est pas des moindres et l'écriture en vers valorise fortement ce texte : un rythme assez lent s'impose à nous et nous transporte jusqu'à une fin bouleversante. 

Un livre finalement assez étonnant de délicatesse qui nous parle d'une très belle histoire d'amour fraternel mais qui reste pour moi très embelli par la forme d'écriture.

Alice, qui vous invite à vous faire votre propre avis ...


7 janv. 2018

Un détective très très très spécial de Romain Puertolas. La joie de lire, 2017

Ce qui se passe dans la tête de Gaspard n'est pas toujours très simple. Il faut suivre ses associations d'idées, ses préoccupations, l'importance qu'il donne aux détails...
Car Gaspard est une de ces personnes à part qui nous déstabilise un  peu : Gaspard est trisomique. 

Mais cela ne l'empêche pas de travailler ! Il cumule d'ailleurs deux petits jobs : vendeur de souvenirs parisiens le matin et "nez" pour tester des déodorants l'après-midi. Mais cette vie bien réglée va s'arrêter brutalement alors qu'il va perdre ses deux patrons dans le même accident d'avion.

Bizarre me direz-vous ... oui mais pas aussi bizarre que tout ce qui se passe dans la tête de Gaspard. Alors on se laisse porter par la suite de ses aventures qui vont amener Gaspard dans un centre d'éducation en tant que détective.

C'est un drôle de héros, ce Gaspard ! Toujours optimiste, jamais abattu, d'une curiosité sans fin avec toujours un petit regard caustique sur ce qui l'entoure... il en devient attachant.
Que dire de la chute finale ? Elle est renversante et en surprendra plus d'un !

A votre tour, je vous propose de vous laisser embarquer dans cette lecture qui s'apprécie comme un joli petit moment de bonheur  !

(Edité en Jeunesse, je me demande ce qu'en penseront nos ados ... si vous avez des retours, je suis preneuse !!!)

5 janv. 2018

Une fille de ... de Jo Witek. Actes Sud, 2017



Dans l’univers brutal des trottoirs, Hanna est la fille d’une prostituée.

A 15 ans, elle lutte contre la violence, les ragots et la honte. 


Cette honte qui ne la quitte plus depuis que toute petite elle a compris ce que faisait sa mère pour payer le loyer.

Cette honte qui l’empêche d’assumer ce métier difficile à avouer.

Cette honte qui l’empêche de s’unir aux autres et d’avoir des amitiés durables.



Aujourd’hui, elle s’ouvre à nous comme pour mieux accepter la réalité de  sa vie familiale, comme pour s’obliger à ne plus la fuir, comme pour accepter irrémédiablement qu’elle est la fille d’un client parmi tant d’autres.


Elle a longtemps chaussé ses baskets et enfilé les kilomètres pour  se changer les idées mais aujourd’hui,  elle a décidé de dire la vérité. 


Son monologue nous plonge magistralement dans la tête d’une gamine qui a grandi trop vite mais aussi dans le parcours chaotique de sa mère, prostituée, et de l’amour indéfectible qui les unit. 


C’est fort, c’est beau, cela va bien au-delà de tous les clichés, c’est à la fois douloureux et courageux.

Un texte vibrant qui se lit d’un seul tenant.

Bravo.