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19 déc. 2018

Loukoum mayonnaise d'Olivier Ka. Le Rouergue, 2018

Grave et drôle à la fois, Loukoum mayonnaise est une sacrée, mais réaliste, histoire de famille !
Victor est déchiré (parfois littéralement) entre ses deux grands-mères qui se vouent une jalousie et une haine communes. 
Objet ( finalement officieux) de leur mésentente, pris entre deux familles, otage de deux cultures, victime innocente de points de vue irréconciliables, il ne sait plus vraiment qui lui veut du bien. 
Et même si les crêpages de chignons sont plutôt amusants, la situation reste tout de même consternante.

Nous voilà du coup avec entre les mains un roman habile, construit sur des oppositions constantes. Mais un roman savamment mené où l’on marche sur un fil d’équilibriste ne sachant jamais de quel côté nous risquons de déraper (farce ou gravité ?).

Un roman surprenant et très intelligent !
Entre les loukoums et la mayonnaise, je me suis bien régalée !

11 juin 2017

Barracuda for ever de Pascal Ruter. Didier jeunesse,

Il s'appelle Napoléon, il a 86 ans, il n'aime pas les chaussures à bouts carré et il a décidé de divorcer. 

Il ? C'est le grand-père de Léonard et bien plus que ça, c'est son meilleur ami, son complice, son partenaire d'aventures et des coup les plus foireux et les plus inattendus. 
Ex-champion de boxe, reconverti en chauffeur de taxi, il a de quoi apprendre à son petit Coco et surtout, il veut avec lui partager sa fin de vie et éviter de finir en maison de retraite. Ensemble, ils adoptent un chien, ils envisagent le kidnapping d'un animateur radio, ils passent un savon à de jeunes joueurs de bowling, ils repeignent la maison, ils dansent sur du Claude François ... mais malheureusement ils ne peuvent rien contre le temps qui s'écoule inexorablement et la maladie qui ronge le cerveau de papi.

Y'a pas à dire, il est plutôt truculent ce grand-père, il occupe l'espace telle une tornade, grâce son énergie et son extravagance débordante.
Avec lui Pascal Ruter réussit le pari de nous offrir un personnage à la fois loufoque et terriblement attachant. 
Et sous ses sourires en coin qui parsèment notre lecture, on a le coeur bien gros, gonflé par une tendresse débordante.

Un roman comme une jolie boite où on garderait des souvenirs précieux, des secrets partagés et l'amour d'une belle complicité.

Alice, qui n'avait pas hâte de voir la dernière page se tourner ...

Les avis de mes copinautes 


23 avr. 2017

Appuyez sur étoile de Sabrina Bensalah. Sarbacane, 2017

Il se dégage des romans de la collection Exprim' une singularité et une générosité que j'ai toujours plaisir à retrouver.
Singularité de la thématique, générosité des personnages, ... Sabrina Bensalah tape juste.

Elle nous parle d'Avril, cette jeune ado de 19 ans, coiffeuse à domicile, dont le rêve est de remporter un concours de coiffure. 
Mais a elle seule, Avril serait presque banale, toute son humanité, elle l'a met à profit de ceux qui l'entourent : ses petites mamies qu'elle prend plaisir à shampouiner et à mettre en beauté, son ami Tarik qui rêve d'ouvrir le premier kebab étoilé et dont Avril est la première cliente à goûter les nouvelles recettes, son père qu'elle bouscule gentiment pour l'aider à sortir la tête hors de l'eau après le départ de son épouse et surtout sa grand-mère, Mémé, ancienne hôtesse dans un bar à champagne qui vient d'apprendre qu'elle ne s'était pas complètement débarrassée de sa tumeur au cerveau et que ses jours sont comptés.
Avril n'a alors plus qu'un seul but : d'un petit coup de baguette magique, accompagner Mémé dans ses derniers jours et lui offrir un au revoir à la hauteur de ses rêves.

Voilà, parce que chaque jour est fait de peine mais aussi de joie, la vie d'Avril c'est la vie comme elle va ; avec ses douleurs et ses bonheurs, ses émotions et ses déséquilibres, ses preuves d'amour et ses désillusions , ses rêves et son inévitable fatalité.

Mince Avril, que vas-tu devenir maintenant que Mémé n'est plus là ? Et Tarik ? Et le nouveau traversin de papa ? Vous me manquez déjà ... Avec vous, je me sentais au milieu d'une belle famille bienveillante et rassurante ... prête à décrocher les étoiles...

Alice, illuminée...




9 oct. 2016

Allô papi ? ici la terre de Cécile Alix. Magnard, 2016

Avant, Youn avait son grand-père, maintenant il a un gros chagrin.
Mardi, papi est mort. Tout n'est devenu que silence, manque et tristesse. Un gros vide que Youn a bien du mal à combler et a accepter. Il ne comprend pas : que deviennent les personnes qui sont mortes ? Dans la maison, le silence pèse, personne ne répond à ses questions.
Youn voudrait tellement que son grand-père soit encore là que pour faire durer l'espoir et lui donner encore un peu de place, il lui envoie des lettres. 
C'est avec poésie et délicatesse que Cécile Alix réussit joliment à nous parler de la mort / de la vie à travers le regard d'un enfant. On tombe rapidement sous le charme de Youn, de sa curiosité et de son adorable spontanéité qui laissent place à des questions hautement philosophiques.
Et comme il n'est pas toujours facile de parler de deuil avec des enfants, c'est avec tendresse et sans tabou que l'on se prend au jeu et que l'on attend un retour de courrier de grand-père. 
Sous une plume de qualité, une jolie histoire bien imaginée.

30 août 2016

L’attrape-lune de Séverine Vidal et Barroux. Mango jeunesse, 2016.

La complicité qui lie un enfant à son grand-père est d'autant plus merveilleuse et féérique que les histoires transmises sont invraisemblables.

Tout commence par un chapeau rouge et une maison perchée. 
Et puis très vite, on vit de véritables odyssées en mer, on découvre des inventions un peu dingues, on s'espère pêcheur de sirènes et on se prend pour un cosmonaute.
Avec papy, la vie c'est tout une aventure !

Toutes ces histoires, on pourrait les écouter des heures, les unes après les autres. On a juste envie de tourner la page pour rester en apesanteur et continuer le voyage en compagnie des mots complices de Séverine Vidal, des illustrations naïves de Barroux, d'un petit chat taquin et bien sûr, jamais bien loin, ... d'un chapeau rouge. 



On a beau être adulte, cet album réveille en nous notre part d'enfance, cette force de l'imaginaire qui nous fait croire que tout est possible et qui confirme que la transmission est un partage essentiel.
Quel voyage !


19 juil. 2016

J'aime pas les clowns de Vincent Cuvellier et Rémi Courgeon. Gallimard, 2015

Elle est magnifique cette histoire ; l'histoire que raconte cette grand-mère à "son grand". 
Elle non plus, elle n'aimait pas les clowns, ..avant..., 
Mais aujourd'hui elle est prête à tout dévoiler ; à raconter à son petit fils cette longue histoire ; cette histoire personnelle qui est la sienne, et qui va devenir la leur.
Alors sur le chemin vers le grand chapiteau, d'un pas décidé, sur un ton enjoué, elle se lance dans un monologue confident. 
Sa façon d'interpeller son compagnon, d'entrecouper sa conversation, de laisser place au spectacle, d'utiliser un vocabulaire commun, de naviguer entre présent et passé, de ne pas être trop démonstrative... donne une force encore plus intime au récit qu'elle souhaite transmettre.
Il y a finalement toute une retenue, toute une tendresse sous-entendue dans cette conversation. 

Par une métaphore remarquable, par des illustrations et un jeu de couleur parfaitement maîtrisé, Vincent Cuvelier et Rémi Courgeon réussissent un tour de maître épatant et nous offre un magnifique album exigeant et intelligent. 
Un album qui, sans trop en dire en offre beaucoup, à la fois touchant, comme le clown blanc et souriant comme l'auguste...


12 mai 2016

i-M@mie / Susie Morgenstern. EDL, 2015

Elle était plutôt tranquille Martha sous le soleil de Nice. Retraitée de l'enseignement, veuve, ... ses journées se passaient tranquillement avant que ne débarque son petit fils, Sam, que ses parents ont décidé d'envoyer chez sa grand-mère pour une année sabbatique sans ordinateur, ni portable.
Martha n'avait rien demandé, vous remarquerez... Mais c'est avec plaisir qu'elle concocte des petits plats à son petit fils, qu'elle le dorlote, qu'elle applique les recommandations des parents, qu'elle l'aide dans ses études... Il faut dire que c'est un bon petit gars Sam, pas le genre ado rebelle, plutôt docile, doué pour le piano et attentionné envers sa grand-mère. 
Mais un jour Martha découvre les joies d'Internet, et en cachette passe ses nuits sur le Net, à en devenir accro.
Un roman détente, certes mais qui veut aborder tellement de sujet, qu'il m'a un peu éloigné du réel contenu. Susie Morgenstern y aborde la vie virtuelle bien sûr, mais aussi les relations familiales, la solitude, la vie amoureuse des seniors, les erreurs qui se répètent, le mensonge, .. et tout cela sans qu'il n'y ai aucun accro, aucun reproche, aucune prise de bec. 
L'environnement dépeint est quand même très privilégié, très compréhensif et très ouvert. Trop éloigné de la vie réelle à mon goût.

Je retiendrai de ce livre, un joli moment de rencontre plein de tendresse entre deux générations mais une histoire assez édulcorée et prévisible.

3 déc. 2015

La fille qui avait deux ombres / Sigrid Baffert. EDL, 2015

Une histoire familiale de trois générations.
Une histoire de femmes : grand-mère, fille et petite-fille.

Alors que l'on soupçonne Rose de perdre la tête, d'avoir des lubies étranges pour une personne âgée, on découvre rapidement que c'est sa petite fille Elisa qui est sujette à des crises de somnanbulisme et qui met la maison sans dessus-dessous toutes les nuits. 
Le roman prend alors une toute autre tournure, plus question du lifting de mamie, on bascule dans la sphère plus émotionnelle du poids pesant des secrets de famille. Pour Elisa commence alors un long voyage pour retrouver et comprendre ses racines. 
Je ne vous cacherai pas que je trouve l'étrangeté du point de départ un peu tirée par les cheveux, mais une fois que l'on bascule dans la quête et que l'on part sur les routes de Sicile, une autre dimension s'offre à nous.
Des liens forts se nouent, des confidences viennent éclairer le récit, des rebondissements rythment la le récit... 
Je crois que par dessus tout, si le thème du secret de famille et de la construction identitaire restent classiques, ce que j'ai apprécié dans ce livre c'est l'ambiance des lieux : la vie de famille dans la brasserie familiale, le grenier aux milles mondes imaginaires, la Sicile et la culture italienne bien sûr !

2 avr. 2015

La soupe américaine / Anaïs Sautier. EDL, 2014

Alors qu'elle s'apprête comme chaque année à partir fêter la Pentecôte chez ses grands-parents, nous découvrons la famille de Mona : sa petite sœur Crapule, son grand frère Johnny qu'elle idolâtre sans commune mesure, son père, psychologue, qui a bien du mal à trouver sa place et sa mère, taciturne, qui enchaine cigarettes sur cigarettes.
Mais ce WE ne ressemble en aucun autre WE de Pentecôte. Papou, d'habitude si joyeux et loquace, fuit. Mamou doit être ménagée car elle a des problèmes cardiaques.
Mona le sent bien ; il se passe quelque chose.
Un coup de téléphone de la famille grecque de papou va faire alors éclater la vérité et débloquer la situation.
Après des débuts touchants où l'on découvre la maladie, une famille unie, des secrets qui se dévoilent et des personnages tous aussi attachants les uns que les autres, le roman change radicalement de cap et s'oriente vers l'histoire de la Grèce lors de la seconde guerre mondiale ; histoire intimement liée au passé du grand-père.
Un roman assez inclassable en fait,  où beaucoup de sujets sont  évoqués ( peut-être trop ?) et sur lequel j'ai du mal à me faire un avis. J'ai perdu en cours de lecture le fil rouge qu'à voulu suivre l'auteur et finalement, je trouve qu'aucun des thèmes abordés n'est réellement approfondi.
Perplexe..